Pétition « Des enfants risquent de ne plus être soignés »

A Monsieur Michel Laforcade  Directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Aquitaine-Charente-Poitou-Limousin.

A Madame Monique Janicot, Directrice de la délégation territoriale de l’ARS Dordogne.

A Madame Sylvaine Célérier, Directrice du Centre Hospitalier Vauclaire,

Nous soutenons la « Lettre Ouverte » du collectif de pédopsychiatrie de Dordogne ouest issu de l’assemblée générale des professionnels de ce pôle.

Nous n’acceptons pas la suppression des postes de psychologues en CDD que veut imposer la Direction du CH Vauclaire.

Nous n’acceptons pas que près de 5OO enfants puissent être privés de soin.

Nous n’acceptons pas que les enfants en souffrance soient les otages des conflits de gestion entre l’ARS et la Direction de l’Hopital.

Pour signer cliquer  ici:

https://www.change.org/p/madame-monique-janicot-directrice-de-la-d%C3%A9l%C3%A9gation-territoriale-de-l-ars-dordogne-des-enfants-risquent-de-ne-plus-%C3%AAtre-soign%C3%A9s?recruiter=482536974&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

Voici la lettre ouverte du collectif de pédopsychiatrie de Dordogne ouest :

Suite à l’annonce de Mme Célérier, Directrice du CH Vauclaire (Montpon) de supprimer cinq postes de psychologues en pédopsychiatrie (et deux en psychiatrie adulte) après de nombreux autres, toutes catégories confondues, nous, professionnels de l’inter-secteur ouest de pédopsychiatrie, avons décidé de nous constituer en Collectif de salut public. Le chef de pôle de pédopsychiatrie et président de la CME a également démissionné de ses fonctions.  Continuer la lecture de Pétition « Des enfants risquent de ne plus être soignés »

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Appel à la création d’un Réseau Européen pour une Santé Mentale démocratique.

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Appel à la création d’un Réseau Européen pour une Santé Mentale démocratique.

La lutte de résistance du peuple grec, face à la politique néolibérale impitoyable imposée par les créanciers, a ouvert la voie à l’émergence de radicalités politiques émancipatrices et à la mise en place de structures d’auto-organisation de la population et des travailleurs.
Parmi celles-ci, les dispensaires et les pharmacies sociaux autogérés en sont aujourd’hui la forme la mieux organisée, jouissant d’une visibilité et d’une reconnaissance importante au sein de la société grecque et au-delà.
Le service public de santé, les services psychiatriques, soumis en Grèce à des restrictions massives de moyens, sont mis dans l’impossibilité quasi-totale d’accueillir la souffrance psychique et d’accompagner les patients à travers des projets individuels, respectueux de leur subjectivité.
Or, aujourd’hui, une part nombreuse et croissante de la population grecque souffre psychiquement des conséquences d’un remaniement brutal des rapports sociaux, engendré par la crise et les remèdes néolibéraux toxiques de la Commission européenne, de la BCE et du FMI. Les symptômes d’effondrement psychique se sont multipliés : dépression, suicides et tendances suicidaires, crises de panique, pathologies à déterminants psycho-sociaux ou post-traumatiques, etc.
Continuer la lecture de Appel à la création d’un Réseau Européen pour une Santé Mentale démocratique.

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> Regards croisés sur nos pratiques – Montfavet 18 et 19 mars 2016

Regards croisés sur nos pratiques – Montfavet 18 et 19 mars 2016

Partenariat Le Point de Capiton, l’ECRPF et le Collectif des 39.

 Journées du Point de Capiton – Conférences, Tables rondes et film.   (Hôpital de Montfavet, Salle de spectacle et bureau des entrées)

 « Regards croisés sur nos pratiques »

Croiser les regards c’est aller au-delà de soi-même, c’est chercher à dialoguer pour inventer.

Car la pratique clinique s’invente au quotidien, ou elle n’est pas. Ainsi, il s’agira au long de ces deux journées d’interroger nos pratiques à l’aune de la clinique, que ces pratiques aient pour lieu d’exercice l’hôpital, un cabinet de ville ou un lieu culturel dans la Cité. C’est pourquoi depuis deux années maintenant nous accueillons des praticiens et aussi des patients avec leurs expériences et leurs réflexions afin de leur permettre de débattre autant sur ce qui les enthousiasme que sur ce qui les scandalise.

Le mot scandale évoque l’objet placé en travers du chemin et qui fait trébucher. Tel est le point commun entre professionnels et ceux qu’ici je nommerai des patientscitoyens : ce point d’humanité qui est aussi point d’incertitude. C’est à partir de ce point d’incertitude, et avec bienveillance, que nous voulons interroger ensemble l’ouverture ou la fermeture des portes, mais aussi celles des esprits et la façon de répondre aux protocoles, Continuer la lecture de > Regards croisés sur nos pratiques – Montfavet 18 et 19 mars 2016

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l’Association Culturelle de la Clinique de la Borde et les CEMEA

 

Le Collectif Accueil de la dissociation schizophrénique et processus psychothérapique.

Renseignements et inscriptions au stage du 9 au 13 mai 2016

http://associationculturelledelaborde.org/stage-fpc-du-9-au-13-mai-2016/

Le Collectif… difficile de le définir. Il y a toute une année des séminaires de Jean Oury à Ste Anne. En résumé, il dit que le Collectif est une « machine abstraite ». Ce n’est pas la collectivité, ce n’est pas le personnel, ni les patients. Ce n’est pas un groupe, même si tous ces facteurs participent à cette machine abstraite. Une institution doit toujours être en mouvement, c’est ainsi que l’on peut définir la « machine abstraite » qui est partout, mais insaisissable. Le Collectif ne s’attrape pas comme un objet. Avec le « progrès » de doctrines comme le cognitivisme et le comportementalisme, tout se fige.

Il faut d’abord soigner l’hôpital disent F. Tosquelles et J. Oury. C’est-à-dire mettre en question la hiérarchie statutaire, faire ce que ces psychiatres ont mis en parole et en acte. C’est ce que J. Oury appelait « l’asepsie ». « On ne fait pas une opération chirurgicale sur un tas de fumier », et sans cette asepsie, la « machine abstraite » ne pourrait pas fonctionner. Continuer la lecture de l’Association Culturelle de la Clinique de la Borde et les CEMEA

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« ON NE PEUT PAS PARLER D’AMOUR DANS UNE LANGUE MORTE »

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« ON NE PEUT PAS PARLER D’AMOUR DANS UNE LANGUE MORTE »

Psychose, transfert et institution

Prochaine rencontre

Vendredi 5 février 2016 – Mairie de Magrin (81) 19h 30        
Avec la participation de Patrick Faugeras, psychanalyste   

« Je ne me souviens pas de mon avenir » dit-elle, avant de se reprendre et de corriger avec, à la fois, lassitude et empressement : « heu…de mon passé. » Du bout des doigts, elle effleure légèrement soucieuse le bord de ses lèvres comme pour retenir les mots qu’une bouche indisciplinée peine à contraindre…

…Vacarme ou bruissement, un fond chiné de mots d’ordre, double et accompagne ses gestes quotidiens, les commente ou les déprécie, la juge et la condamne.                                                                                                                  De multiples voix, aigües et menaçantes, blessent, dès sa naissance, la moindre pensée, suspendent le plus léger mouvement qu’aucune nécessité n’exige, annulent la promesse du plus modeste des plaisirs. Continuer la lecture de « ON NE PEUT PAS PARLER D’AMOUR DANS UNE LANGUE MORTE »

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> Nous ne céderons pas !

Appel unitaire
Nous ne céderons pas !

Ceux qui, au nom de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.
Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en œuvre. Continuer la lecture de > Nous ne céderons pas !

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> Communiqué de l’Appel des appels

Nous partageons ce communiqué de l’Appel des appels

Avec une infinie tristesse, nous avons appris les massacres dont la haine aveugle et sourde à toute humanité s’est rendue coupable. Oui nous sommes tristes, meurtris, révoltés et en colère. Nous sommes affectés par cette haine qui a atteint en priorité notre jeunesse. Oui nous revendiquons ces sentiments face à de nouveaux fascismes qui célèbrent la mort au nom de Dieu. Nous revendiquons la dignité et la liberté pour tous les humains, oui tous les humains, même ceux qui sont instrumentalisés par un nihilisme abominable qui en fait des machines de mort. À cette volonté du néant qui émerge du chaos d’un monde déboussolé nous devons tous ensemble opposer les valeurs humanistes, que l’Appel des appels défend spécialement dans la pratique de nos métiers. Nous devons tous ensemble revendiquer les ambitions de la démocratie, de la vraie démocratie, celle des citoyens. Il faut prendre toute la mesure de ces propos de Camus, aux lendemains d’autres massacres : « dans les temps déchirés ou chaotiques que nous vivons, l’idée qu’on va réparer tant de maux dus à l’argent, par une politique de confiance à l’égard de l’argent est une idée puérile ou malheureuse. » À l’argent nous devons, tous, préférer cette liberté dont nous avions pris l’habitude, sans toujours nous rendre compte que nous avions aussi à la défendre comme un bien sacré. C’est à cette défense collective que nous devons, après nos pleurs, nous atteler.
Aujourd’hui, au nom de l’Appel des appels, toutes nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, à tous les proches, aux survivants de ces actes cruels, lâches et barbares qui tentent de détruire l’humanité des hommes.

Le Bureau de l’Appel des appels

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> Déranger, création théâtrale

 

Édition : Contes de la folie ordinaire – Médiapart
Car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse
PAR PAUL MACHTOFlyer_DRG_recto__-_copie

« Déranger ». Un spectacle fou, littéraire, populaire… et curatif à la fois ! Une plongée dans l’ordinaire folie d’une unité de soins psychiatriques, un jour comme tant d’autres. Enfin pas tout à fait : les alertes attentats se répandent sur les ondes et le service organise son gala de charité. Salle Jacques Brel à Pantin les 6, 7 et 8 novembre 2015.

Voir l’article: ICI

 

Communiqué de presse 22 octobre 2015

Bureau de presse Sabine Arman – info@sabinearman.com
01 44 52 80 80 – 06 15 15 22 24
CREATION DÉRANGER car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse de Guy Benisty – Cie Le GITHEC
Vendredi 6, samedi 7 novembre, 20h30 Dimanche 8 novembre, 16h Salle Jacques Brel 42 avenue Édouard Vaillant Ligne 7 – M° Aubervilliers – Pantin – Quatre Chemins Tarif A : de 3 à 18€ /
Durée : 2h /
01 49 15 41 70
Le théâtre en plein coeur Le GITHEC, Groupe dʼIntervention  Théâtral et Cinématographique, créé en 1993 et basé à la Maison de quartier des Courtillières à Pantin, réunit professionnels et amateurs en vue de réaliser des oeuvres théâtrales originales avec et en direction dʼun public souvent absent des salles de spectacles. La saison culturelle de la ville de Pantin soutient cette compagnie qui partage le même combat culturel qu’elle, à savoir, décloisonner la culture afin de la rendre accessible à tous. Elle programme la nouvelle création du Githec Déranger les 6, 7 et 8 novembre 2015 à la salle Jacques Brel. Au coeur de ce que l’on nomme pudiquement « exclusion sociale », le travail de Guy Benisty envisage un théâtre puissant qui garde serré dans une même force son appétit esthétique et ses aspirations populaires. Au rythme du quotidien, ancré dans la réalité de la ville, le théâtre du GITHEC se place dans un lieu favorable à la création : à l’écoute du monde. Déranger est une création ambitieuse qui nous plonge dans l’ordinaire folie d’une unité de soins psychiatriques. Des patients des centres psychiatriques du 93, des jeunes du quartier des Courtillières, des musiciens, et des comédiens de la Compagnie partagent le plateau transformé, dans un dispositif bi-frontal, en couloir hospitalier. Les urgences se multiplient, les vies et les délires s’entrechoquent. Comme au PMU, les spectateurs doivent parier sur une course, course de rats, ici, organisée en direct sur scène, et avec chaque soir une tablette numérique à gagner. Depuis huit ans, Guy Benisty a collecté de nombreuses histoires de vies lors des ateliers réalisés avec l’Établissement Public de Santé de la Ville-Evrard et Le Centre de jour de Clichy-sous-Bois-Montfermeil. Ces rencontres l’ont mené à écrire Déranger. Un théâtre, en plein coeur des quartiers populaires, participatif et vivant, en hommage à la folie du monde et des êtres. Retrouvez toute la saison culturelle de la ville de Pantin sur www.ville-pantin.frDSC05799

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Table 1: Introduction par Philippe Rassat et enregistrement audio

Philippe Rassat  Pédopsychiatre  Cognac (16) Mussidan(24)

Mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs

Mesdames, messieurs,

Je m’appelle Philippe Rassat, je suis pédopsychiatre dans ce qui va s’appeler la grande Aquitaine, directeur médical d’un CMPP ( centre médico psycho pédagogique ) à Cognac d’une part et praticien attaché au 1er inter-secteur de pédopsychiatrie de Dordogne d’autre part.

Lorsque nous a été proposé l’organisation de ce colloque ce fut une évidence pour notre collectif qu’il fallait une table ronde autour de l’accueil de la souffrance des enfants

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Table 1: Neurosciences et psychiatrie

François Gonon     francois.gonon@u-bordeaux.fr

Mesdames, Messieurs,

Je suis directeur de recherche émérite au CNRS à Bordeaux. J’ai étudié pendant 35 ans la neurotransmission mettant en jeu la dopamine. J’ai aussi écrit plusieurs articles, y compris dans des revues internationales, concernant le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et plus généralement la psychiatrie. Les organisateurs de cette rencontre m’ont demandé de présenter en 10 minutes mon point de vue sur les apports des neurosciences à la psychiatrie. Continuer la lecture de Table 1: Neurosciences et psychiatrie

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Table 1: Réorienter le 3ème Plan Autisme Pour une véritable politique d’accueil humaniste et plurielle

Mireille Battut   Présidente de La main à l’oreille  lamainaloreille@gmail.com

Notre constat 

Depuis la mise en œuvre du 3ème Plan Autisme, une méthode unique est imposée au nom d’une doctrine – le comportementalisme – érigée en science d’Etat. Notre courant de pensée qui réclame un abord humaniste et pluriel des autismes ne doit plus être ignoré. Alors que les questions d’éthique sont mises de côté au nom d’une efficacité qui n’a pas fait ses preuves, les professionnels qui prennent soin de nos enfants sont déconsidérés, et les familles laissées dans l’abandon après le diagnostic. Car ce qui manque le plus cruellement, ce sont les structures d’accueil et l’inclusion scolaire. Continuer la lecture de Table 1: Réorienter le 3ème Plan Autisme Pour une véritable politique d’accueil humaniste et plurielle

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« Alerte : un enfant risque de ne pas être soigné. Sandrine Deloche

Sandrine Deloche Médecin pédopsychiatre                                             Secteur infanto-juvénile du 14ème arrondissement de Paris.

Mesdames, messieurs,

 Jusqu’à quand pourra-t-on dire qu’il existe en France, pour chaque enfant, un lieu de proximité, gratuit, où il peut se rendre avec ses parents, pour recevoir une aide psychologique. Cet endroit, appelé centre médico-psychologique, est la pierre angulaire du dispositif de sectorisation de la pédopsychiatrie publique. Il a vocation d’accueillir toutes les demandes de soin concernant n’importe quelle difficulté du développement psycho-affectif de l’enfant (bébé ou adolescent).  Continuer la lecture de « Alerte : un enfant risque de ne pas être soigné. Sandrine Deloche

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Table 1: Questions sur la politique du handicap chez l’enfant Handicap partout, soin nul part

Carlos Parada   Psychiatre ( 94)

I – Le contexte :

L’école accueille plus de 220 000 élèves dits « en situation de handicap », l’immense majorité des dossiers trouvent justification d’ordre psychiatrique. A l’école comme en pédopsychiatrie, la politique et l’idéologie du handicap impulsées par une loi de 2005, malgré quelques avancées, ont produit des effets problématiques majeurs qu’il convient de rappeler.

Par quelles voies devient-on « handicapé » à l’école ?

En quelques mots : Suite à des difficultés avec un élève, l’école peut Continuer la lecture de Table 1: Questions sur la politique du handicap chez l’enfant Handicap partout, soin nul part

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Table 2: Introduction table 2 « Pour l’hospitalité à la folie, non à la contention!  » 

Présentée par Alexandra de Seguin   Psychiatre (91)

Nous ouvrons maintenant la table ronde intitulée « Pour l’hospitalité à la folie, non à la contention ! ». 

Nous souhaitons avant tout dénoncer l’augmentation et la banalisation des pratiques d’enfermement, de contrôle et d’entraves des corps en psychiatrie. Cette violence qui s’exerce à l’égard des patients survient dans un contexte de réduction de moyens alloués aux équipes et de fermeture des lieux d’accueil de proximité intégrés à l’organisation sectorielle des soins. Nous pensons qu’il est absolument insuffisant d’encadrer juridiquement les mesures de contention et de placement en chambre d’isolement comme le propose l’article 13 quater du projet de loi. Si il importe de limiter et contrôler le pouvoir des psychiatres et des infirmiers en la matière, nous nous refusons à entériner que la contention serait thérapeutique comme l’indique un amendement de cet article.

Continuer la lecture de Table 2: Introduction table 2 « Pour l’hospitalité à la folie, non à la contention!  » 

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Table 2: La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne

Hervé Bokobza   Psychiatre  Montpellier

Mesdames les sénatrices, Messieurs les sénateurs, chers collègues, chers amis,

La France a été un modèle reconnu grâce à  ses avancées pour une   psychiatrie humaniste, relationnelle, désaliéniste.

Cependant des pratiques d’un autre temps, d’un autre âge  se déroulent quotidiennement dans ce pays : les pratiques de contention physique.

En France, chaque jour, on enferme, on immobilise, on attache, on sangle, des personnes malades. Continuer la lecture de Table 2: La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne

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Table 2: La contention est-elle thérapeutique ?

Christian Lamotte   Membre du Fil conducteur

Mesdames, messieurs les sénateurs,                                                      Mesdames messieurs du collectif des 39

Je vous remercie de m’avoir invité à m’exprimer au cours de cette  table ronde sur les mesures de contention et d’isolement en psychiatrie.

Je suis membre du groupe ‘’le fil conducteur ‘’ collectif de parents patients et soignants qui se sont réunis depuis deux ans pour réfléchir à ce qui pourrait être une approche plus humaine en psychiatrie et dans le médico-social. Continuer la lecture de Table 2: La contention est-elle thérapeutique ?

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Table 2: Réflexions autour du livre « Lieu d’asile. Manifeste pour une autre psychiatrie. »

Thierry Najman   Psychiatre – chef de pôle Moisselles 95

Mesdames et Messieurs,

Il y a lieu en effet de se préoccuper du développement et de la banalisation de l’usage des contentions dans la psychiatrie hospitalière. En même temps, les contentions sont à situer à l’intérieur d’un vaste ensemble de dispositions sécuritaires en pleine inflation dans l’hôpital contemporain. Depuis les années 90, après quelques années d’assouplissement dans ce domaine, une multitude de pratiques sécuritaires reviennent en force à l’hôpital : fermeture
presque généralisée des services de soins, y compris pour les hospitalisations librement consenties par le patient, Continuer la lecture de Table 2: Réflexions autour du livre « Lieu d’asile. Manifeste pour une autre psychiatrie. »

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Table 2: Les droits de l’homme ne peuvent pas s’arrêter à la porte de l’Hôpital.

Sébastien    Association HumaPsy

Je suis membre de l’association HumaPsy, des patients qui militent pour une psychiatrie humaniste, pour tous ! Nous savons qu’elle existe, car nous recevons au centre Artaud, des soins humains, alors que de très nombreux patients et leurs familles, témoignent de méthodes qui nous semblent barbares. Continuer la lecture de Table 2: Les droits de l’homme ne peuvent pas s’arrêter à la porte de l’Hôpital.

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Table 2: Non au retour des « gardiens de fous » Pour une refondation d’une psychiatrie humaniste et éthique !

Serge Klopp   Cadre Infirmier  Neuilly sur Marne

De retour en hospitalisation adulte depuis 2 ans, après une interruption de 15 ans, j’ai l’impression que nous ne faisons plus le même métier.

Durant ces 2 ans j’ai enfermé en chambre d’isolement et attaché bien plus de patients qu’en 17 ans de carrière infirmière en hospitalisation.

Pourquoi une telle dérive ? Continuer la lecture de Table 2: Non au retour des « gardiens de fous » Pour une refondation d’une psychiatrie humaniste et éthique !

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Table 2: A propos de la formation

Dominique Besnard  Psychologue clinicien Formateur aux CÉMÉA

« Est fou celui qui est désigné fou par le regard de l’autre ». C’est donc entre rejet et mystère que se construit le rapport de tout un chacun à la folie depuis la nuit des temps. C’est l’éprouvé de la déraison pour tout être humain, éprouvé qui renvoie chacun à sa propre histoire, qui convoque les réponses individuelles mais aussi sociales. Deux conceptions de la rencontre de l’autre vont alors s’affronter, la première se fonde sur la négation de la part Continuer la lecture de Table 2: A propos de la formation

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Table 3: Introduction par Paul Machto

Paul Machto   Psychiatre – Psychanalyste   Montfermeil 93

La discontinuité des soins et des accompagnements, la rupture de l’alliance thérapeutique sont- elles les causes de la contrainte et de la contention abusive ? D’autres alternatives sont possibles si on garde des secteurs de taille humaine avec une place possible pour les associations ouvertes à la parole des patients et des soignants.  Continuer la lecture de Table 3: Introduction par Paul Machto

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Table 3: Enregistrement sonore de la table 3

Paul Machto  Psychiatre – Psychanalyste   Montfermeil 93

Victoire Mabit, Membre du Collectif Le Fil Conducteur                              Le « Fil conducteur » est un espace de parole et de réflexion émanant de l’atelier Familles des Assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social, organisé par le Collectif des 39, en juin 2013. Ce groupe réunit des patients, des familles et des soignants.

Matthieu Dissert, Président de l’association HumaPsy,                   Association créée en 2011 dans le contexte de la lutte contre le ^projet de loi sur les soins sans consentement.

 Jean-Michel de Chaise Martin, Psychiatre, Chef de service (Landerneau 29), Administrateur de la Fédération Croix Marines

Patrick Chemla, Psychiatre – Psychanalyste, Chef de service, (Reims)

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Table 3: Du côté des familles…

Victoire Mabit      le Fil conducteur
Dans le soin psychiatrique, les parents ne sont ni patients, ni soignants, mais présents. Et à ce titre ils sont témoins de ce qui se passe.
Trop souvent, les personnes souffrant de troubles psychiques ont un parcours de soins cahotique, passant d’une structure hospitalière à une structure d’accueil (maison de post-cure, hôpital de jour, foyer de nuit…) ou une structure de soins (CMP) ; 17 psychiatres en quinze ans, parfois trois psys différents en même temps, un dans chaque structure, et qui ne communiquent pas entre eux… Continuer la lecture de Table 3: Du côté des familles…

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Table 3: Le club, scellement de l’alliance thérapeutique

Mathieu Dissert   Président de l’association HumaPsy

L’arrivée dans un service de psychiatrie se fait souvent suite à un effondrement psychique, une défiguration du corps et du monde qu’il habite, l’hôpital doit être le lieu de reconstruction d’un nouveau monde, vivable, celui-ci.

Le monde extérieur est représenté par les soignants et ils doivent Continuer la lecture de Table 3: Le club, scellement de l’alliance thérapeutique

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Table 3: ALERTE AUX CLUBS

Jean-Michel de CHAISEMARTIN   Psychiatre

En psychiatrie, les associations réservant une place aux « usagers » présentent une très grande diversité. En parler comme de possibles auxiliaires du soin va à contre-courant du discours pharmacologique, cognitif et systémique qui scelle les relations actuelles de la psychiatrie avec un scientisme séducteur pour certains, mais surtout réducteur pour tous.  Continuer la lecture de Table 3: ALERTE AUX CLUBS

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Table 3: Quels espaces citoyens pour les patients dans les établissements du sanitaire et du médicosocial ?

 Patrick Chemla    Psychiatre- Psychanalyste   Chef de service Reims

A mon tour de parler après ce qui a été avancé par les uns et les autres : il est clair pour moi que l’enjeu de notre atelier  recoupe très largement ce qui a été dit auparavant dans les autres tables rondes.  On ne saurait en effet imaginer la relation soignante sans cette dimension essentielle de la citoyenneté.

Continuer la lecture de Table 3: Quels espaces citoyens pour les patients dans les établissements du sanitaire et du médicosocial ?

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Communiqué de presse – La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne

Le colloque que nous avons organisé le 9 septembre 2015 au Sénat « 39 Alerte !» a rencontré un grand succès, la salle G. Monnerville était comble, nous avons refusé beaucoup de gens.

Aline Archimbaud et Evelyne Yonnet, sénatrices, Jean-Pierre Sueur, sénateur, ainsi que Denys Robiliard, député étaient présents.Trois temps pour interpeller les élus, d’où le titre « 39 Alerte!».
La table ronde sur l’enfance alerte sur un paradoxe, le soutien de façade du secteur, par le ministère de la santé, accompagné de Continuer la lecture de Communiqué de presse – La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne

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> Journées de Psychothérapie Institutionnelle – AMPI 2015

Tosq

 

AMPI 2015

XXIX èmes

Journées de Psychothérapie Institutionnelle

9 & 10 OCTOBRE 2015

MARSEILLE

L’UN est l’AUTRE

Altérité et soins

Curieuse place que celle laissée à l’Autre dans notre société du 21ème siècle !

Cause du « déclin national » quand il prend le visage de l’étranger, il est cause de tous nos malheurs dans la vie quotidienne, travail compris.

Toujours l’Autre fautif.

Comment sommes-nous passés de l’Altérité fondatrice du Sujet de LEVINAS, du « Je est un Autre » de Arthur RIMBAUD…à cet autre forcément dangereux, hostile dont il faut se méfier ?

Mais alors qu’en est-il de l’Identité tributaire de l’Altérité et qui ne peut se développer que par rapport à Autrui ?

Que devient la personne malade dans cette évolution de la perception de l’Autre ?

Quelle place pour cet Autre dans un protocole où il n’a rien à dire ?

Quelle place pour cet Autre attaché en « cellule » re-baptisée pudiquement CSI, chambre de soins intensifs ?

Salutaire ouvrage donc que celui de P. COUPECHOUX, « Un homme comme vous », nous rappelant notre fondamentale fraternité en humanité avec le fou.

L’humanité du fou disparaît dans l’objectivation moderne de la maladie mentale.

L’humanité du soignant disparaît dans l’exécution robotisée de tâches prescrites et codifiées dans le rôle propre du statut.

Mais l’humain résiste !

Les outils du mouvement de psychothérapie institutionnelle sont là pour re-penser le souci de l’Autre, pour réhabiliter l’Altérité…

L’Autre au centre du dispositif de soin permettra rencontre, dispute professionnelle, construction de l’hétérogène, création d’une équipe, voire d’un collectif… les conditions basales des soins aux personnes malades.

Venez donc nous rencontrer et vous disputer avec ces autres qui vous attendent

avec plaisir à Marseille…

 

Cité des Associations

93 La Canebière – 13001 Marseille

Métro Noailles (ligne 2)

Places limitées pas d’inscription le jour-même

Renseignements : AMPI Secteur 13 – Tél : 04 91 96 99 93 – alain.abrieu@ch-edouard-toulouse.fr

Chèque à l’ordre des : CEMÉA-PACA à adresser : CEMÉA-PACA – 47 rue Neuve Sainte Catherine -13007 Marseille

Tél : 04 91 54 25 36 – mcristiani@cemea-paca.org

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COLLOQUE AU SENAT 9/09/2015

Il n’y a pas de places pour cet après-midi. C’est une rencontre pour s’adresser aux sénateurs et parlementaires dans le cadre de la loi qui est discutée. Ce n’est pas un meeting.  Nous rendrons compte au plus vite et des textes des interventions seront mis sur le site , vous pourrez ainsi en prendre connaissance.

COLLOQUE AU SENAT –  » 39 ALERTE » 

Salle Gaston Monnerville,  Mercredi 9 septembre 2015

 organisé par Le Collectif des 39, en collaboration avec l’association HUMAPSY et le Collectif LE FIL CONDUCTEUR, sous le parrainage de Madame Aline ARCHIMBAUD, Sénatrice de Seine Saint Denis.

Programme : Continuer la lecture de COLLOQUE AU SENAT 9/09/2015

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> Lieu d’asile – Manifeste pour une autre psychiatrie

Sortie du livre de Thierry Najman.

Lieu d’asile
Manifeste pour une autre psychiatrie

Les mesures d’enfermement, de contrainte, d’isolement, de contention et de surveillance des patients se développent actuellement dans la psychiatrie hospitalière, colonisée par la logique sécuritaire ambiante.

Pour autant, la sécurité est-elle mieux assurée par la fermeture des portes des services de soins ? Les patients sont-ils ainsi mieux soignés ?

Thierry Najman est médecin, praticien hospitalier et chef d’un pôle de psychiatrie dans un hôpital de la région parisienne. Il a déjà publié, comme coauteur, un livre sur la psychanalyse de l’enfant Les Enjeux d’une psychanalyse avec un enfant.

Préface
Pierre Delion est médecin psychiatre, professeur à la faculté de médecine de l’université Lille-II.

Postface
Pierre Joxe est avocat, premier président honoraire de la Cour des comptes.

 

Lieu d'asile

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> Les Psy-causent invitent Patrick Coupechoux

Vendredi 18 septembre 2015 Centre équestre à Magrin (81) 19h 30 « Les Cavaliers du Pays Cathare » UN HOMME COMME VOUS…

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Est-il possible d’avoir une conception du soin qui considère celui en souffrance psychique comme un sujet à part entière et la folie comme une possibilité d’être de l’homme ? Peut-être faut-il pour cela se pencher sur les pratiques qui ont essayé d’aborder les pathologies psychiatriques non pas comme une anomalie chez l’homme mais comme étant son humanité ? Peut-on écarter d’un revers de main les acquis et convictions de la psychiatrie française depuis cinquante ans, une psychiatrie qui s’est battue pour que les patients, les résidents, délirants ou autres, ne soient pas traités comme des malades mais comme des sujets à part entière, et que le soin soit une relation ? Nous vous convions à un voyage au sein de la pratique psychiatrique de PINEL à nos jours. Tentons de mettre en évidence comment cette question sur l’humanité de la folie est une suite de rencontres… Rencontre de l’asile, rencontre des surréalistes avec les créations qu’elles soient celles des lieux de soins, de vie, de souffrance, celles d’ARTAUD, de VAN GOGH, de NERVAL….

UnknownRencontre avec tous ceux qui au sein des institutions ont tenté (tentent) de transformer le rapport au patient et à la théorie qui vise à penser la maladie psychique comme une affaire avant tout humaine. Notre affaire à tous ! Celle qui nous amène à poser la question de notre position personnelle vis-à-vis de la folie, donc de notre rejet toujours possible… Folie bien ordonnée. Folle humanité…Humanité folle. Dissipons…le trouble ! Contact : 06 14 38 06 90 Mail : lespsycausent@gmail.com Site : http://lespsy-causent.over-blog.fr/ Entrée libre, Sortez libre ! PS :Apporte un plat ou une boisson… comme toi, comme nous. Pour tous ! Avec la participation de Patrick COUPECHOUX, journaliste. Auteur du livre « Un homme comme vous. Essai sur l’humanité de la folie »

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> PROGRAMME LA CRIEE: Le Collectif à venir

PROGRAMME LA CRIEE

Année 2015 – 2016 

et annonce des XVèmes Rencontres de la CRIEE

les 10 et 11 juin 2016

Le Collectif à venir

 Nous poursuivrons, sur les traces des années précédentes, les échanges sur les enjeux des pratiques de la Folie qui se posent aujourd’hui dans un contexte culturel et politique inédit. Le «moment St Albanais » avait suscité l’émergence de la Psychothérapie Institutionnelle et du désaliénisme, s’appuyant sur quelques psychiatres d’avant- garde. Une période où la promotion de la politique de secteur l’essor de la psychanalyse donnaient l’impression d’une ouverture de la Culture à l’inconscient freudien, mais aussi à une psychiatrie luttant contre sa fondation ségrégative œuvrant à des « alternatives à l’Asile ». De multiples tentatives ont ainsi vu le jour théorisant leur expérience avec des idéaux humanistes, marxisants, libertaires qui n’avaient pas forcément de grande cohérence conceptuelle, qui traduisait l’effervescence du « moment 68 » et de ses suites. Les années 80 auront été marquées par la reconnaissance légale du secteur, pour très vite aboutir, dans un mouvement de retournement pernicieux, à l’idée d’une évaluation généralisée des pratiques, afin de les rendre mesurables et « normalisées ». La Criée a été fondée en 1986 contre ce projet désastreux qui prétendait maîtriser l’inestimable du désir humain, mais aussi pour continuer à promouvoir les praxis se réclamant d’une double articulation entre le Politique et la Psychanalyse. Nous nous sommes ainsi réinscrits au cœur même de la transmission de la Psychothérapie Institutionnelle, tout en soutenant avec constance la nécessité de réinventer une conceptualisation qui s’était forgée dans une toute autre époque. Chacune de nos rencontres s’est effectuée avec ce souci d’un ancrage dans les pratiques, et d’échanges transdisciplinaires entre des approches qui relevaient le défi de la « double aliénation ». Jean Oury aura été à nos côtés, nous apportant une pensée toujours en mouvement, nourrissant nos échanges. Sa mort à la veille de nos dernières rencontres nous place devant des responsabilités accrues : il s’agit de tenir le cap des « praxis instituantes » (cf P.Dardot et C. Laval, « Commun ») ; autrement dit de relancer sans cesse la création de lieux d’accueil et de soins qui s’appuient sur la créativité et la parole mise en acte de ceux qui s’y tiennent : patients, soignants, mais aussi familles et personnes concernées … Cela suppose une résistance opiniâtre contre les folies évaluatrices et les volontés de mise au pas par la HAS, qui s’institue aujourd’hui en « police de la pensée » du soin et des pratiques. Ce qui affecte notre praxis se trouve comme toujours pris dans l’aliénation sociopolitique de notre époque marquée par l’ultralibéralisme, et par la montée inquiétante du racisme et des processus ségrégatifs.

Repenser donc le Collectif à venir en s’appuyant sur les théorisations de ceux qui nous ont précédés, et en particulier Jean Oury, et nous confronter aux difficultés de la pratique actuelle, devrait nous mobiliser lors de ces Rencontres ouvertes aux échanges, aux rassemblements indispensables.

Patrick Chemla

Conférences – débats

Samedi 19 septembre 2015

De 14h00 à 17h00 à la Médiathèque

Elisabeth ROUDINESCO

historienne, Directrice de recherches à l’Université de Paris VII, chargée d’un séminaire d’histoire de la psychanalyse à l’ENS

Présentera son livre

Sigmund Freud, en son temps et dans le nôtre

éditions Brochet

Jeudi 15 octobre 2015

A 21h00 au centre Artaud

Jean COOREN

Psychiatre et Psychanalyste

viendra présenter son livre

« Autre pourrait être le monde »

Psychanalyse et Démocratie

Edition Hermann

Jeudi 26 novembre 2015

A 21h00 au centre Artaud

Philippe REFABERT

Psychiatre et Psychanalyste

« Déjouer le présent, donner lieu, donner le temps».

Jeudi 28 janvier 2016
A 21 h00 au Centre Artaud

Heitor de Macedo

Psychanalyste

viendra présenter son livre

« Clinique de Dostoïevski ou les enseignements de la folie »

Edition : Etude

Jeudi 25 février 2016

A 21h00 au centre Artaud

 Anna ANGELOPOULOS

Psychanalyste et spécialiste du conte

PAS DE CONFERENCE EN MARS EN RAISON DE LA SEMAINE DE LA FOLIE ORDINAIRE 

Jeudi 28 avril 2016

à 21h00 au centre Artaud

Claude SPIELMANN

Psychanalyste

Jeudi 26 Mai 2016

à 21h00 au centre Artaud

 Françoise DAVOINE

Psychanalyste

 

Séminaires en 2015 :

lundi 9 Novembre 2015 

Séminaires 2016 :

lundi 11 Janvier 2015

à 21h00 au centre Artaud

François LEVY

Psychanalyste et Membre de la société de Psychanalyse Freudienne

et une discussion avec Annie TOPALOV 

lundi 7 mars, lundi 18 avril, lundi 9 mai. (pas de séminaire en février)

Ces séminaires s’inscrivent dans les enseignements du Cercle Freudien.

 

XVèmes Rencontres de la CRIEE

vendredi 10 et samedi 11 juin 2016 à Reims

Renseignements et inscriptions :

Patrick Chemla et Gérard Rodriguez

Centre de Jour Antonin Artaud

40 rue Talleyrand – 51100 REIMS

03 26 40 01 23

g.rodriguez@epsdm-marne.fr

N° d’existence Formation Continue : 21510164151

N° SIRET: 442 941 365 00029 – Code NAF : 9499Z

 

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> Colloque des 39 au Sénat le 9 septembre 2015

39NEWSLETTER DES 39

Colloque des 39 au Sénat (première annonce)

le 09 septembre  2015
de 13h30 à 18h00.

Dans le cadre de l’examen du projet de modernisation de la loi de santé par le Sénat en septembre, projet adopté en première lecture à l’assemblée nationale et après l’audition du 06 juillet au Sénat d’une délégation composée de membres des 39, du Fil Conducteur et de patients, ainsi que des actions et contributions auprès des commissions parlementaires depuis le meeting du 01 novembre 2014,

le collectif des 39 organise et anime le 09 septembre après-midi au Sénat un colloque à notre demande, colloque parrainé par la sénatrice Aline Archimbaud afin de présenter les arguments critiques dans cette loi relatifs à la psychiatrie, au médico-social, à la prise en compte des patients et faire part de propositions pour continuer de défendre une hospitalité pour la folie auprès des parlementaires et des journalistes qui répondront à notre invitation.

Dans ce qui se dessine l’hospitalité pour la folie n’est plus de mise, la souffrance humaine est annulée. C’est la dignité de chacun qui est bafouée et la démocratie touchée et amoindrie une fois de plus.

Ce projet de loi sous couvert de modernisation et de meilleure gestion a réussi à faire unité de désaccord à la fois des professionnels et de leurs organisations, ainsi que de bon nombre d’associations de patients lors des auditions préalables dans les mois précédents.

Quand les réalités de travail des équipes se vivent au quotidien des postes non remplacés, des ateliers d’expressions culturelles qui sont fermés, des listes d’attentes pour un premier rendez-vous possible souvent plusieurs mois après en pédopsychiatrie notamment, des contentions qui se multiplient (alors qu’elles sont dénoncées) dans les chambres d’isolement désormais renommées « chambre de soins intensifs » ;

Ce projet de loi fait fi de l’histoire de la clinique psychiatrique, de ses acquis et de ses recherches et dénie la dimension du sujet dans l’expression de ses souffrances. La modernisation est au tempo de la biopsychiatrie, de l’éradication des symptômes et de la rentabilité économique.

Le secteur du médico-social prend le même chemin et les réformes annoncées des métiers du social sont pensées et construites sur les mêmes approches.

Ce colloque de quatre heures s’organisera autour de trois tables rondes

Dont les thèmes ont été décidés lors de la réunion mensuelle du collectif du 04 juillet dernier. Chaque table ronde d’une heure trente environ permettra de présenter pendant quarante cinq minutes les éléments essentiels de nos propositions et d’échanger avec les parlementaires présents ainsi que les journalistes et les participants. Les thématiques des trois tables rondes retenues sont celles-ci :

Pour l’hospitalité de la folie, non à la contention.

La pédopsychiatrie (titre à préciser)

Espaces citoyens pour les patients (clubs, assos…) (titre à préciser)

 Chaque table ronde est préparée par un petit groupe et l’organisation globale du colloque est assurée par quelques-uns d’entre nous.

Si parmi vous qui lisez cette lettre, certains ont des contacts avec des parlementaires, députés ou sénateurs, n’hésitez pas à leur en parler et à nous communiquer leurs coordonnées à cette adresse (dodam22@orange.fr) avant le 31/08/15 si vous pensez que leur présence peut être importante. Déjà Denys Robiliard nous a confirmé sa présence.

Pour plus de renseignements, le programme définitif de ce colloque sera consultable sur le site des 39 à la fin du mois d’août.

 

 

 

 

 

 

 

 

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> Conférence internationale sur la convention CRDPH de l’ONU.

Garantir la capacité civile et politique des personnes en situation de vulnérabilité Les répercussions de l’article 12 de la CDPH

Appel à participation La Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH/CRPD) est méconnue en France alors que ses implications sont nombreuses. Son article 12, qui traite de la capacité juridique, propose un changement de regard et de règles juridiques sur les personnes en situation de vulnérabilité. Il fait des « choix et désirs de la personne », plus que de « ses intérêts » ou de « ses besoins » le fondement juridique d’un ensemble de décisions ou actions (soins, travail, vie affective, gestion des biens, déplacements, alimentation, hygiène, participation à la vie sociale…). Il préconise de généraliser les systèmes de « prise de décision assistée », afin d’éviter de décider à la place d’autrui et d’user de la contrainte. Ces changements, qui s’inscrivent dans ce qu’on pourrait appeler « le tournant juridique » de l’intervention auprès d’autrui, ont des implications théoriques et pratiques, qui ont généré de nombreux débats dans les instances internationales.

Afin de contribuer à ces débats dans le cadre français, le Collectif Contrast, composé de chercheurs en sciences humaines et sociales, souhaite lancer une démarche collaborative avec les personnes concernées. Cette démarche est complémentaire des travaux de recherche réalisés par le Collectif. Elle alimentera une réflexion collective sur les répercussions de la Convention, sur les difficultés de mise en application de l’article 12, sur son importance symbolique et surtout sur les enjeux et difficultés de sa mise en application.

Une première étape de cette réflexion collective aura lieu lors d’une conférence internationale, les 28, 29 et 30 octobre 2015 à Paris, qui réunira des chercheurs académiques (sociologues, juristes, des philosophes), des professionnels de terrains, des usagers et représentants d’usagers, et des membres de la société civile. Le processus collaboratif se poursuivra dans le courant de l’année 2016. Cette démarche collaborative est soutenue à la fois par des instances officielles de suivi de la Convention et par un comité de pilotage regroupant organismes institutionnels et référents scientifiques qui en oriente la gouvernance et en assure la diffusion pour plus d’informations, voir ICI.

Les axes de questionnement de la démarche collaborative

1-­‐ L’introduction de la Convention et de son article 12 dans le contexte institutionnel et social français Les modalités de diffusion et de mise en oeuvre de la Convention dans les institutions et la société civile en France concernent particulièrement les acteurs institutionnels et gestionnaires de services et établissements. De nouveaux outils juridiques ou administratifs existent en France afin de mieux prendre en compte l’avis des personnes (mandat de protection future, projet de vie, Masp, DIPM, directives anticipées). Sont-­‐ils utilisés et de quelle manière ? Les acteurs internes aux établissements les trouvent-­‐ils adaptés ? Cette convention apporte-­‐t-­‐elle des éléments nouveaux par rapport au cadre juridique existant et le droit français doit-­‐il être modifié pour répondre à ses exigences? La place des juges judiciaires dans la protection des personnes est-­‐elle adaptée ? Quels moyens sont mis en oeuvre pour faire connaître le droit international concernant les personnes en situation de vulnérabilité aux acteurs de terrain (médecins, travailleurs sociaux, MJPM, proches…) et aux personnes concernées ?

Quels outils d’action publique, de gestion (recommandations, 2 certifications) ou de formation sont mobilisés ? Comment les règles formalisées par écrit circulent-­‐ elles entre les pays et au sein des espaces professionnels ? Quelle est leur influence, coercitive ou d’incitation, sur les pratiques ? 2-­‐ Outils juridiques et dilemmes moraux dans les pratiques de soin et d’accompagnement La mise en oeuvre des principes affirmés par la convention et son article 12 pose des difficultés aux protagonistes du soin et de l’accompagnement.

Comment rendre possible et recueillir le choix de la personne, quand son expression est indistincte ou son ambivalence insoluble ? Comment équilibrer inquiétude morale et principe d’autonomie de la personne quand les conséquences de ses choix semblent comporter des risques d’après les professionnels ? Que faire des savoirs et recommandations cliniques ou scientifiques qui veulent objectiver l’intérêt de la personne ? Ces questions se posent dans des contextes très variés : proposition et refus de soin, décisions de maintien en institution ou de retour à domicile, pratique d’alimentation, de médication, signalements de maltraitance… Dans quelle mesure l’accès des personnes à leurs droits varie-­‐t-­‐il en fonction de ces contextes et outils spécifiques ?

3-­‐ Le repérage des capacités et des situations de vulnérabilité Les différents protagonistes du soin et de l’intervention auprès d’autrui (médecins, soignants, travailleurs sociaux, proches) ou de défense des droits (juges, notaires, avocats) sont amenés à repérer des besoins d’intervention. Comment les capacités fonctionnelles et/ou décisionnelles des personnes en situation de vulnérabilité sont-­‐elles disqualifiées par autrui dans des situations sociales ordinaires. Est-­‐ce au motif de la protection des personnes ou de la protection des tiers contre les risques ? Comment sont évaluées certaines compétences pratiques, telles que les capacités à s’alimenter et à décider de son alimentation, à assurer son hygiène, à suivre un traitement médicamenteux, à se déplacer librement ou autres ? Dans quelle mesure les différentes formes de vulnérabilités situationnelles (sociales, environnementales, linguistiques…) peuvent-­‐elles être prises en compte en vue d’offrir un soutien aux personnes ? Quand est-­‐on amené à utiliser des outils spécifiques (grilles, échelles) pour évaluer les besoins d’intervention ? Qui sont amenés à les utiliser ? Les formes de participation Si ces questionnements vous intéressent, différentes formes de participation à cette démarche collaborative sont pour le moment proposées : -­‐ Assister à tout ou partie de la conférence des 28, 29, 30 octobre -­‐ Proposer une communication (avant le 4 septembre 2015) à la conférence, à partir des situations concrètes rencontrées dans vos pratiques quotidiennes (un appel à communication détaillé est également à disposition sur le site) ; -­‐ Proposer une contribution écrite sur votre réception de la convention et de l’article 12 Les inscriptions, contributions écrites ou proposition de communication sont à envoyer à l’adresse email suivante : conferencecapacite@gmail.com

Plus d’information sur le site de la conférence : ICI 

L’équipe d’organisation : Jean-­‐Philippe Cobbaut (philosophe) ; Benoît Eyraud (sociologue) ; Julie Minoc (sociologue) ; Delphine Moreau (sociologue) ; Anne Saris (juriste) ; Livia Velpry (sociologue)

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> Les 39 à Jazz in Marciac 2015

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Samedi 1er Août 2015, 14h30 Salle des fêtes.

« Charles Mingus, la colère créative… »

Conférence – débat avec Patrice Charbit, psychiatre… et musicien, et animé par Philippe Rassat psychiatre, du Collectif des 39.

« Ba coo pah chi pa doup la ca singala coupa la caah ! » un, deux, et un, deux, trois, quatre. POW !

La présence de Mingus, toujours massive, n’est-elle pas le reflet du poids de l’adversité ? Sa basse n’était-elle pas l’instrument de noir qui lui permit de jouer « slap » et de gagner ainsi un peu d’argent ? Il ne ferait jamais claquer un violoncelle, y avait de quoi se mettre en colère, le classique, c’était pour les blancs.

L’inventivité fut au rendez-vous mais serait-ce au prix de l’amour ? Le destin des jazzmen était-il de se prostituer ? Fallait-il devenir souteneur pour rester pur musicien? Mingus n’a pas cédé, au mépris du système et de ses oncles Tom. L’amour, son diamant.

Colère, création, « big band », grossièreté quasi mystique, désespoir, éclats, puissance : Mingus, un autre génie du jazz.

 Dimanche 2 août  à 14h30, salle Emir Kusturica, Ciné JIM

« Chacun a son rôle », création théâtrale et psychiatrie.

 Documentaire de Dominique Cœur. 

Projection suivie d’un débat animé par Monique Thizon psychiatre et Marie Cathelineau du Collectif des 39,  en présence du réalisateur, Dominique Coeur, et de Paul Machto, psychiatre.

« Chacun a son rôle », documentaire de Dominique Cœur. Chronique d’une création théâtrale singulière, cadre d’une rencontre inédite entre des personnes en difficulté psychique fréquentant un centre de jour en banlieue parisienne, des jeunes et des femmes en formation et en alphabétisation d’une cité, et des comédiens professionnels, réunis dans une adaptation improbable du retour d’Ulysse.

Créativité, engagement, théâtre, culture, thérapeutique mêlés ?

 

 Lundi 3 août 2015 à 14h30 Salle des fêtes.

« De l’écoute ! »

Projection-débat du film de Philippe Letty en présence du réalisateur et d’un membre de l’association de patients « HumaPsy ». Débat animé par Simone Molina, psychologue, Anne Rosenberg, psychiatre, du Collectif des 39.

 

Directement concernés par les maladies psychiques, ils ont créé une association, « HumaPsy », pour que le soin qui reconnait une place à leur parole, ne disparaisse pas. Ce film est né de leur envie de participer au débat public.

Voix dissonante parmi les associations d’usagers agréées qui semblent toutes adhérer à la définition exclusivement neurobiologique des troubles mentaux, conception des maladies qui les inquiète car elle retire toute légitimité à l’expression de la souffrance ou de la révolte, et a pour seule ambition la normalisation des comportements. Résolument engagés, non dénués d’humour, ils invitent les citoyens à débattre de cette question essentielle et complexe, comment (se) soigner ?

 

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> St ALBAN suite

Association-culturelle-St-alban-C-7f6a1b9e5bb981210444bb19475f4ab7St Alban suite…ça sonne comme un thème de jazz, l’époque que nous vivons doit nous imposer des improvisations.

Le texte de l allocution de Celine Pascual à St Alban (juin 2015)

Elle donne le ton des journées qui ont été d une grande qualité avec des équipes qui dans leurs interventions  ont montre leur créativité  leur inventivité malgré des réalités parfois très difficiles.

« Le sommeil des hommes est plus sacré que la vie pour les pestiférés. On ne doit pas empêcher les braves gens de dormir. Il y faudrait du mauvais goût, et le goût consiste à ne pas insister, tout le monde sait ça… Le mauvais goût m’est resté dans la bouche et je n’ai pas cessé d’insister, c’est-à-dire d’y penser. »

C’est donc sur ces mots extraits de « La peste » d’Albert Camus que l’Association Culturelle du Personnel de St Alban vous souhaite la bienvenue.

Bienvenue donc, à vous qui ne faites pas l’économie de votre pensée,

A vous, qui considérez que la participation au débat public est une activité sérieuse,

A vous, qui savez que les victoires ne sont que provisoires, mais qui ne cessez lutter pour autant,

A vous, qui parfois les yeux baissés et l’œil si ennuyé, avez l’impression d’être dans une salle d’attente,

A vous qui pensez tout comme nous que la vie associative reste un des remparts les plus sûr contre l’uniformisation.

Bienvenue à vous tous.

François Tosquelles dans « Le travail thérapeutique en psychiatrie » nous disait déjà qu’ « il est toutefois prudent de ne pas trop se faire d’illusion sur l’histoire, compte tenu de la tendance que nous avons tous à faire bonne mine devant toute suggestion concernant les paradis perdus ».

Tout ceci ne nous empêche pas de puiser dans l’histoire les ressources suffisantes pour éclairer notre présent.

Car nous avons bien conscience de l’impact, du côté irréversible de cette histoire qui a commencé ici, de cette expérience singulière qui a transformé le monde de la psychiatrie française et de la vie asilaire, en nouant d’une part, une certaine conception de la folie « en tant que phénomène humain » (F.T) et d’autre part, l’analyse du traitement social qui lui est réservé.

Le traitement institutionnel des psychoses qui voit alors le jour, les effets et conséquences qui s’en suivent, constituent à ce jour un outil thérapeutique d’une grande pertinence.

Cet échafaudage d’une grande complexité, dont nous ne pourrions répertorier toutes les inventions, les avancées théoriques, l’ambiance effervescente de ce souffle novateur qui a pris le nom de psychothérapie institutionnelle, et qui aujourd’hui, ici, est démonté.

Car à St Alban, c’est un formidable travail d’oubli qui s’est opéré, ce qui n’est pas sans poser un certain nombre de questions … que nous laisserons pour l’instant sous forme de suspension…

Trèves de bavardage, nous ne sommes pas là pour pleurer sur ce qui a disparu, mais plutôt regarder ce qui apparaît.

Cela fait des années que nous taisons cette énormité insidieuse et vérifions que la porte soit bien fermée pour l’empêcher de se répandre dans les couloirs. C’est sans concession que nous disons qu’il est plus facile de mettre l’accent sur la résistance pour masquer la honte de la collaboration. A examiner les soins sous le même angle que les statistiques, nous acceptons maintenant la confusion.

Nous avons adopté le langage de tout le monde : « combien de patients ?…, quel budget ?…, combien de personnel ?…, y’a un médecin chez vous ? »

Cette organisation rationnelle, managériale est aussi appelée : modernisation de la psychiatrie et du soin… psychiatrie spécialisée.

Tellement spécialisée qu’à St Alban, c’est en rondelle de symptôme que nous découpons le sujet, pour mieux le disséquer, formule estampillée modèle scientifique, qui rappelons-le ne prévaut que parce qu’il est reproductible, pour ne pas dire répétitif…

Tellement spécialisée que la camisole chimique semble la seule réponse possible, y compris pour certains enfants.

Tellement spécialisée que nous excluons le fou par le biais des courts séjours sans ancrage possible dans le passé ou l’avenir, mais aussi par le biais de la mise en place d’un soin très éloigné de ceux développés à l’intention des états psychotiques, notamment en CMP, où la rue, les associations de réinsertion, voire la prison deviennent refuge.

Tellement spécialisée que les patients sont ouvertement sélectionnés, triés en fonction de leur âge, de leur pathologie, de leurs symptômes… Il y a comme une odeur nauséabonde, un relent d’écœurement.

Pour les « agités », c’est la chambre d’isolement, dite chambre d’apaisement ou direct en UMD. Ces personnes peuvent aussi avoir droit à des séjours de rupture à « La maison des sources » (établissement temporaire d’accueil et d’urgence appartenant au Clos du Nid).

C’est dans ce va et vient incessant, lancinant que l’obscène s’installe…

Cette modernité répond à un certain nombre de critères de rentabilité.

St Alban doit maintenir voire améliorer son taux d’activité, tout en devant réaliser une performance financière : 900 000 euros d’économie pour la seule année 2015(des éclaircissements ont été demandés par le conseil de surveillance).

Mais pris en otage par cet « endettement », l’hôpital doit dégorger du « cash » ; et le « cash » aujourd’hui, pour un hôpital psychiatrique c’est les soignants : non renouvellement des départs à la retraite, récupération de 23 équivalents temps pleins…

L’équation est simple : diminuer le nombre d’employés, amoindrir les dépenses et donc augmenter le profit.

Dans cet hôpital psychiatrique, « entreprise comme les autres », les soignants ne sont que des pantins de dernier recours, l’équation d’une transaction ponctuelle d’humain.

Colmater le manque, remplir le vide, mutualiser les moyens humains, comprimer les effectifs, ce qui ne stoppe en rien l’hémorragie, mais qui sous l’égide de l’économie financière donne une impression d’unité.

Cette impression d’unité nous conduit à un consentement impensé, une acceptation du monde tel qu’il est, sans horizon ni extériorité.

D’autant plus que notre département ne facilite en rien cette politique… Petit extrait du quotidien : ici, c’est en temps que nous évaluons les distances kilométriques,

–        Marvejols à 35 min de St Alban

–        Florac à 1h30 de St Alban

–        Langogne à 1h de St Alban

–        St Chély à 16 min de St Alban

–        Mende à 45 min de St Alban.

Une sorte d’inertie structurelle s’en dégage.

Cette unité se transforme aussi en amas uniforme, conforme et concentré dans lesquels on piétine à défaut de se rencontrer ; c’est l’éclosion de nouveaux bâtiments à l’architecture entassée, voire grillagée.

Nous nous installons dans le présent, évinçant toute mémoire, écartant tout espoir. Bien loin de l’idée de Tosquelles que « Lorsque nous avons l’impression de voir loin, c’est que nous sommes assis sur les épaules de nos pères ».

C’est à l’apogée de « l’instant » que nous avons à faire.

Nous sommes dans l’ici, le maintenant, le tout de suite… Véritable colonisation de l’institution de soin.

Le temps semble aux mains d’un Chronos pressé, qui s’infiltre dans toutes les strates, où nous recevons des demandes de consultation afin de traiter rapidement des problématiques singulières, familiales, parfois bien complexes.

Nous sommes comme impatient de notre présent.

Nous avançons à l’aveugle avec pour directive de conduire des entretiens, de conduire des ateliers thérapeutiques, de gérer des patients, d’évaluer les risques… Entassement de protocoles et de personnes, sans aucun travail de continuité.

Ce n’est peut-être pas un diplôme que nous aurions dû passer, mais un permis.

Permis d’oublier que nous avions quelqu’un en face de nous !

Nous nous trouvons bel et bien dans une logique commune, un modèle paradoxal où tout se trouve standardisé, nous sommes dans le « tout normé », il faut « séquencer » les opérations de travail tout en proposant un service exclusif devant respecter la singularité de chacun.

Nous sommes dans l’antichambre de notre propre liquidation.

C’est la fabrique d’individus dépourvus, sans opinion et interchangeables, commençant à s’emplir d’indifférence.

C’est un désenchantement qui suit le cours de la passivité ; un décharnement qui brise nos entrailles de soignants.

Exacerbation du sentiment de notre impuissance la plus grande, sous une pluie d’injonctions verticales et intempestives, auxquelles nous ne pouvons réchapper, auxquelles nous réagissons parfois, souvent de manière parfaitement prévisible.

Ce modèle rend les hommes superflus, appartenant ainsi à une humanité indistincte… On élimine l’individu au profit de l’espèce comme dirait Hannah Arendt.

Nous sommes alors en proie à une réelle solitude intellectuelle, c’est la situation du soignant réduit à une dimension de producteur, qui n’a plus la capacité de s’adresser aux autres et qui n’intéresse plus personne.

Les hommes ainsi isolés, sont sans pouvoir ; et l’isolement a un sens politique.

Mais à l’heure où la politique n’est plus que travail de spécialistes, où chacun se contente d’alimenter dans son coin cette dérision généralisée, et où, le politique se réduit à des responsabilités juridiques, nous sommes dépourvus de repères et devenons la proie à de faciles manipulations.

C’est ainsi que la direction assénant un discours et un vocabulaire de management, trouve des services qui « descendent » d’autres services, collaborant par là même au démembrement de l’hôpital.

Que chaque salarié doit alors proposer des idées pour améliorer son poste, chaque unité des idées pour améliorer son service ; sa méthode pour organiser sa douce agonie, en tout cas silencieuse.

Il serait donc illusoire de penser que nous résistons à un monstre diabolique, tout comme il serait illusoire d’attendre un sauveur.

Mais ne nous laissons pas envahir par une espèce de culpabilité collective et confuse, ne croyons pas que si tout le monde ou presque est coupable, personne ne l’est, car si chaque individu, chaque soignant est aussi le produit de son temps, il n’en reste pas moins que nous devons assumer nos actes, car nous en sommes responsables.

Or c’est dans les failles de ce système institutionnel, que nous rencontrons de lumineuses leçon d’éthique qui ne seraient pas apparues dans tout autre contexte, ainsi nous formulons l’hypothèse que tout n’était pas sympathique avant et que tout n’est pas abominable aujourd’hui.

Nous vous invitons donc, à « un renversement de l’ordre du silence ».

Et puis, il est bon de se rappeler, comme le disait Hannah Arendt, que « Tant que nous souffrons, dans les conditions du désert, nous sommes encore humains, encore intact. »

Alors,

Comment se mobiliser pour résister à cette machine infernale ?

Qu’en est-il de notre socle commun, de nos valeurs éthiques et politiques ?

Qu’en est-il de la valeur humaine de la folie ?

« Où commence et où finit la clinique ? »

L’ Association Culturelle du Personnel de St Alban.

 

 

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Le Collectif des 39