
24èmes rencontres des psy-causent
A propos de l’article, J’ai fait un mauvais rêve.
Le Collectif des 39 publie, à nouveau, le texte qui a été confié à son Blog par Philippe Rassat, membre du Collectif des 39, afin de mener dans cet espace, dédié à la réflexion des professionnels et des proches des patients en psychiatrie, un débat autour des questions, des tensions, voire des tempêtes, concernant la pratique du packing.
En effet, sa publication avait été suspendue par prudence durant cet été, suite aux actions surprenantes de l’ARS d’ Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente qui a non seulement condamné les opinions de Philippe Rassat (ce qui, en soi et sous cette forme, est déjà surprenant pour une agence publique), mais qui a décidé d’intervenir auprès de ses deux employeurs d’une façon qui aurait pu aboutir aux licenciements de ce professionnel ! Cela nous a paru extrêmement inquiétant et incompréhensible, et nous avons donc pris le temps nécessaire de réflexion et de conseil juridique.
Le Collectif des 39 tient à préserver, malgré ces attaques qui témoignent d’une ambiance de plus en plus anti-démocratique, l’existence d’un espace d’expression respectueux à la fois de la liberté des opinions et du droit.
Nous tenons toutefois à faire remarquer, que les actions de l’ARS qui visent l’auteur du texte semblent, sur certains points, confirmer les préoccupations exprimées dans son texte par Philippe Rassat – acteur de terrain attentif, citoyen engagé et professionnel apprécié – sur la dimension idéologique autoritariste, antidémocratique, du management qui se répand dans le champ du soin. Les épisodes des Plans autisme, et celui plus récent de la création des GHT, en sont des exemples criants expérimentés par tous les professionnels.
Nous tenons à rappeler également que le film « Le Mur », soutenu par un collectif qui comprend à la fois des parents et des tenants des «thérapies» cognitivo-comportementales, dont parle Philippe
Rassat dans son texte, a d’abord été condamné à l’interdiction de diffusion. A notre connaissance cette interdiction a été levée en appel, en vertu de la liberté d’expression, sans pour autant que le tribunal d’appel désavoue le fait qu’il s’agit d’un montage manipulateur, qui nous apparaît digne des films de propagande des régimes extrémistes des années 30-40. L’immense majorité des familles des enfants autistes et des professionnels ne peut se reconnaître dans ces procédés condamnables.
Le Collectif des 39.
Le texte est retiré à la demande de la présidente de l’union régionale Poitou-charentes d’Autisme France suite à la réunion de conciliation organisée par le conseil départemental de l’ordre des médecins de Gironde.
Il est remplacé par le texte suivant de Philippe Rassat :
« Sincèrement je n’ai jamais eu l’intention, en m’exprimant comme je l’ai fait, dans le cadre d’un débat d’idée, de heurter quiconque. Si tel est le cas je le regrette et je présente mes excuses aux parents qui ont pu être affectés. »
L’éthique : un levier pour réinventer une psychiatrie humaine !
Klopp Serge
Intervention Ethique Villejuif octobre 2016
En préambule je voudrais remercier les organisateurs de m’avoir invité et rappeler que vu le temps qui m’est donné, je vais forcément apparaître caricatural dans certains de mes propos qui nécessiteraient d’être plus explicités et illustrés d’exemples, mais nous n’en aurons pas le temps.
Jamais il n’a été autant question d’éthique qu’aujourd’hui. Et jamais notre société dans tous ses domaines n’a été aussi peu éthique. Au point que lorsque j’entends parler de mise en place d’un groupe d’éthique, je me demande quels reculs éthiques sont en train de se mettre en place.
En effet, le fait que l’on ait institutionnalisé les comités éthiques, cela ne laisse-t-il pas croire que les réflexions éthiques sont réservées aux spécialistes, aux experts du Comité Ethique ?
Cela ne risque t-il pas paradoxalement d’amener les soignants à faire l’économie d’une réflexion éthique personnelle singulière et donc à banaliser les pratiques non éthiques ?
Le fait que les comités Ethiques soient composés d’un nombre fermé de membres désignés cela n’est-il pas en soi une aberration éthique ? Continuer la lecture de L’éthique : un levier pour réinventer une psychiatrie humaine !
Affiche du meeting du 16 Octobre 2016
Enfance effacée…? Résister, Inventer – MEETING du 16 Octobre 2016
ENFANCE EFFACÉE ..? RÉSISTER, INVENTER
MEETING POÉTIQUE ET POLITIQUE, organisé par le groupe Enfance du Collectif des 39, dimanche 16 octobre 2016 de 9h à 18h, à la PAROLE ERRANTE à Montreuil
Retrouvez les vidéos en cliquant sur ce lien http://collectifdes39.fr
Interventions poétiques et artistiques tout au long de la journée avec Hélène Bouchaud (actrice), Aurélien Chaussade (acteur), Martine Irzenski (actrice), Tolten (rimailleur)
PROGRAMME :
Continuer la lecture de Enfance effacée…? Résister, Inventer – MEETING du 16 Octobre 2016
Communiqué de presse Collectif des 39 – Groupe Enfance –
Le Collectif des 39 est inquiet et en colère face à l’évolution de nos sociétés, avec l’affaissement permanent des systèmes de solidarité publiques.
Le groupe Enfance de ce collectif organise un meeting poétique et politique intitulé « Enfance effacée..? Résister, Inventer! ».
Ce meeting aura lieu le dimanche 16 octobre 2016 de 9h à 18h à la Parole Errante à Montreuil, 9, rue François Debergue (Métro Croix de Chavaux).
L’entrée est libre et gratuite.
L’objet de cette journée est de dénoncer la logique gestionnaire qui entame la liberté de penser et d’agir, particulièrement dans le champ de l’enfance. Nous apporterons aussi le témoignage de la force, de la beauté et de l’intelligence d’autres pratiques qui respectent l’imaginaire et le temps de l’enfance.
Avec ce meeting nous voulons amplifier les solidarités, tisser des liens entre les mouvements individuels de résistance à la mise à mal de nos métiers, à la disparition tendancielle, dans les eaux glacées du calcul égoïste, de ce qui construit l’humain.
ENFANCE EFFACÉE : RÉSISTER, INVENTER… REJOIGNEZ-NOUS !
Quel avenir pour les enfants ? Quel avenir pour l’enfance de l’humanité ? Prévention ou prédiction?
Liliane IRZENSKI – Pédopsychiatre
Les 39 se sont constitués spontanément, fin 2008, en réaction à la violence d’un discours de l’ancien président de la république, discours tenu à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique « Erasme » situé à Antony. Son discours ne niait pas l’existence de la Folie, mais l’amalgamait avec des notions de dangerosité mensongères et abusives. Elles donnèrent lieu à la budgétisation immédiate de mises en acte de contraintes intolérables, à l’encontre des patients. Il ré-encensa une figure de l’ennemi intérieur en prescrivant à toute la population le fiel de la peur ce qui renforça la méfiance envers les autres, déjà induite par la montée, de plus en plus inquiétante, du chômage et du virtuel. Fabriquer des peurs sociales et de ce fait attiser insidieusement la peur inhérente au désir, atteste d’une orchestration contraire à l’humanisation car en creusant les sentiments d’insécurité et d’incertitude propres à chacun, de tels propos abêtissent notre pouvoir de penser : qu’est-ce qui fait société ? Cette mise en scène de domination bien familière aux politiques est une mise aux pas assassine de la population. C’est à partir de ce discours aussi bête que démiurgique, médiatisé à haute dose, qui contribua à vouloir légitimer la mise en place d’une politique sécuritaire que nous nous sommes retrouvés près de 2000, en février 2009, pour un premier meeting, à la Parole Errante, « CONTRE LA NUIT SECURITAIRE ». Nous étions rassemblés par un désir d’amitié, conjuguant résistance avec hospitalité et ce désir nous continuons de l’affirmer en vous donnant rendez-vous le 16 octobre. Continuer la lecture de ENFANCE EFFACÉE : RÉSISTER, INVENTER… REJOIGNEZ-NOUS !
ALERTE AUX DÉLITS D’OPINION
Un de nos collègues psychiatre, le docteur Philippe Rassat, nous a fait part d’une lettre adressée par le directeur de l’Agence régionale de santé d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes à la Présidente de l’association qui gère un établissement dans lequel il exerce.
Le ton et l’esprit de cette lettre, les sanctions qu’elle annonce ouvertement, confirment avec éclat l’état de déliquescence du débat démocratique en France. A nouveau il faut constater que ce sont certaines associations de parents d’autistes (Autisme France) qui ont pour seul souci de faire régner leur vérité, à l’exclusion de toute autre. A nouveau, ce n’est ni plus ni moins qu’une interdiction professionnelle qui est appelée en lieu et place de tout débat. Les opinions de certaines associations de parents d’enfants autistes, opinions qu’elles ont bien évidemment le droit d’avoir, mais qui tirent à l’évidence leurs réputations d’interdire aux autres d’avoir une pensée différente de la leur au point que toute personne qui attaquerait leur raisonnement relèverait d’une plainte judiciaire est une atteinte gravissime à la démocratie.
A nouveau, on est stupéfait de voir l’empressement de hautes instances d’Etat à se glisser dans les ornières de cette politique nauséabonde. Nous avions déjà connu la mise en cause de la psychanalyse dans les pratiques et les formations soignantes, nous voici désormais face à la promotion d’un délit d’opinion. Qu’on les fasse taire ! disent ces associations, visant à travers Philippe Rassat, l’ensemble de la profession, non conforme à leurs yeux. Qu’on les sanctionne !, dit le représentant de l’Agence régionale de santé.
De quoi s’agit-il ? Le directeur d’une Agence régionale de santé, se disant informé par des associations de parents d’autistes qui auraient jugé les propos de ce médecin comme étant « de nature diffamatoire ou injurieux », annonce qu’une « information a été effectuée en ce sens par ses services auprès de la Haute autorité de santé. » Son initiative se fonde asur des extraits d’une lettre de ce médecin qui s’exprime dans le cadre d’un regroupement de personnes intitulé : « Collectif psychiatrie des 39 », soit dans le cadre de ce qu’on appelle communément l’expression d’une opinion politique. Ce collectif s’est fondé sur le refus d’une rhétorique d’exclusion qui superpose folie et criminalité, comme si les malades mentaux étaient par nature dangereux. On connaît la logique profonde de cette politique, et on en a vu les effets. C’est dans ce cadre que P. Rassat s’est exprimé, signant son propos, où il dénonce la mainmise grandissante d’une idéologie d’extrême droite dans le champ psychiatrique.
Dans l’extrait cité, il est impossible de tenir pour diffamatoires ou injurieux les propos concernant des faits, produits par le régime nazi et historiquement avérés, sauf à tomber sous le coup de la loi sur le négationnisme. Ce sont donc les énoncés concernant des associations qualifiées dans le texte d’extrême droite qui seraient injurieux, non pas du fait qu’ils soient d’extrême droite, mais qu’ils pourraient laisser croire sans doute qu’ils sont de l’ordre du nazisme. Raisonnement très enseignant puisqu’il laisserait supposer, concernant les opinions politiques, qu’il ne serait permis que de proférer uniquement celles qui s’avéreraient absolument vraies. Pour ceux dont la crainte du nazisme leur laisserait supposer qu’il vaut mieux prévenir que guérir, un tel raisonnement leur interdirait d’émettre une quelconque inquiétude, et seule l’authentification du régime nazi par sa présence effective permettrait d’énoncer la chose établie !
Devant une telle dégradation du débat politique on ne peut plus se contenter de baisser les bras, car hélas des affaires plus ou moins spectaculaires se succèdent les unes après les autres, participant de la mise en place par essais successifs d’un ordinaire antidémocratique. Il faut le dire : la posture du directeur de l’Agence de santé est d’une extrême gravité, car elle signe une atteinte profonde à la liberté d’expression : que l’on soit d’accord politiquement ou pas avec les propos de notre collègue Philippe Rassat, cela n’autorise en aucun cas d’en interdire l’expression.
Pour notre part, nous sommes profondément d’accord avec ce que son texte contient d’un constat d’alerte. Mais ce que nous défendons ici n’est pas la pure vérité de ce qu’il dit, mais son droit de le dire. A l’inverse, on peut s’interroger : d’où le directeur de l’ARS peut-il bien tirer une quelconque compétence réglementaire lui permettant de porter ainsi atteinte à l’expression politique ? Cette « autorité » dont son titre le pare serait-elle de nature scientifique ? Il faut souligner ici ce qui est peut-être le plus inquiétant, dans la présente affaire comme dans les précédentes concernant la psychanalyse, c’est que la « vérité-HAS » prétend s’avancer sous les traits de la norme et de la règle. A quel titre le Directeur de L’ARS peut-il prétendre avoir autorité à faire taire le débat ? Quel est le fondement de son autorité en la matière ?
Il y a hélas dans notre pays une tendance croissante à faire du débat d’opinion l’affaire des experts. La bureaucratie, c’est d’abord la prétention à effacer toute dispute pour la résoudre en consensus d’experts. Voici où cela mène : à une forme de police bureaucratique qui, sous couvert de discours scientifique épuré de toutes contradictions, prétend incarner la vérité politique, comme on l’a vu dans des états totalitaires, toutes idéologies confondues.
En démocratie, nous avons le droit de critiquer des opinions avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Mais les gouvernements qui tirent leur fonction d’avoir été élus par le peuple délèguent de plus en plus le débat politique aux appareils techno-bureaucratiques et mettent gravement en péril les démocraties qui ont mis des siècles à se mettre en place. Acceptons, même si nous ne pouvons pas le démontrer de manière absolue, que les régimes démocratiques ne sont pas à jamais irrémédiablement inscrits dans nos sociétés et qu’il convient d’en partager les choix pour se mobiliser afin de les maintenir.
C’est pourquoi cette affaire est gravissime. Le directeur de l’Agence régionale doit faire amende honorable des propos qu’il a tenus, et le gouvernement doit cesser de participer de cette dérive. Mais il appartient surtout à chacun de participer à l’instauration d’un débat de fond, non sur les questions techniques, mais bien sur les enjeux éthiques et politiques que posent nos pratiques.
Franck CHAUMON Roger FERRERI
Meeting Poétique et Politique : ENFANCE EFFACÉE..? RÉSISTER, INVENTER
ENFANCE EFFACÉE ..? RÉSISTER, INVENTER…
Journée poétique et politique
Nous sommes inquiets et en colère. Les politiques s’attaquent à notre humanité dès l’enfance.
Vous, soignants, éducateurs, parents, acteurs du champ de l’enfance et de l’adolescence :
Vous qui êtes nombreux à porter une culture, des idées, des expériences respectueuses de la complexité humaine et de la subjectivité de chacun
- N’avez-vous pas constaté les répercussions navrantes des réductions de dépenses publiques relatives aux soins, à l’accueil et à l’éducation des enfants et des adolescents ?
- N’avez-vous pas constaté comment cet appauvrissement de moyens au nom de la recherche d’une certaine efficacité s’est accompagné de la généralisation d’une gestion technocratique qui impose ses normes et ses protocoles au détriment d’approches plus humaines ?
- N’avez-vous pas observé comment la volonté de réduire les coûts sans concertation et sans discernement a favorisé la privatisation de lieux d’accueil et de soins avec le risque d’être orientés par la recherche de profits financiers ?
- N’avez-vous pas, vous aussi, subi cette pression de rentabilité qui entrave, voire qui détruit, les pratiques originales développées depuis des décennies dans le champ de l’enfance et de l’adolescence ?
- N’avez-vous pas constaté que l’expérience qui a montré toute l’importance d’avoir du temps et des lieux pour accueillir, écouter, réfléchir à plusieurs, formuler des hypothèses de travail et de soins au cas par cas, sont contredites par des injonctions simplificatrices. Des prétendues découvertes scientifiques nous sont imposées par des logiques d’intérêts financiers.
- N’avez-vous pas éprouvé le sentiment d’être ligotés dans vos efforts pour penser, travailler et inventer les formes les plus justes pour aider un bébé, un enfant, un adolescent à grandir, à nommer ce qui le déchire ou l’inhibe, à comprendre ses difficultés propres, à apaiser ses contradiction internes, à trouver sa place dans sa famille et dans un cercle plus large ?
- Ne trouvez-vous pas insupportable de subir des injonctions qui neutralisent la pensée et l’action des adultes – qu’ils soient soignants, éducateurs, parents ou enseignants – auprès des enfants qui viennent vers nous pour que nous prenions soin de leurs fragilités, de leurs bizarreries ou de leurs maladies ?
- N’avez-vous pas été découragés devant l’impossibilité de faire entendre que ces injonctions avaient pour résultat d’abraser la complexité relationnelle de la vie ? Ces injonctions nous détournent de la nécessaire prise en compte des dimensions multiples, conscientes et inconscientes, qui entrent en jeu dans toute difficulté ou maladie psychique.
Que s’est-il passé pour en arriver là ? Continuer la lecture de Meeting Poétique et Politique : ENFANCE EFFACÉE..? RÉSISTER, INVENTER
« Allez sur la place publique !!! »
À Elsa Cayat, psychanalyste, libre et engagée dans la vie, le soin, comme dans Charlie.
Sandrine Deloche Médecin pédopsychiatre Avec l’autorisation de l’auteure. juillet 2016 N°74 – Pratiques
Pratiques N°74 Santé : raviver la solidarité
http://pratiques.fr/-Pratiques-No74-Sante-raviver-la-.html
Quand les solidarités citoyennes les plus saillantes sont celles faites à nos morts, dans ce souffle voltairien qui nous a réunis par milliers, il nous faut examiner l’empreinte de notre corps social, dans son entier. Quelle est l’autre face de cette saillie libertaire ? Sans détours, elle est de toute évidence la barbarie liberticide. Pas l’inqualifiable sauvagerie qui nous laisse nus et chavirés, mais celle que l’on fabrique chaque jour, dans nos institutions, au prétexte de modernité et au pire du pire au prétexte de solidarité.
Un psychiatre a dit un jour qu’« on mesure le degré de civilisation d’un État à la place qu’elle confère à ses marginaux ». C’est Lucien Bonnafé, lui qui, avec une poignée d’autres, a oeuvré pour faire naître une des formes les plus abouties de solidarité collective : l’invention du secteur de psychiatrie. Continuer la lecture de « Allez sur la place publique !!! »
Discours d’ouverture St Alban 2016
Texte de la présidente de l’association culturelle de Saint Alban
Pour ceux qui en doutent…
Bonjour à tous,
Tout d’abord une pensée émue pour Dalila Idir Val et Pascal Crété qui ne pourront être là, mais qui ont déjà pris date pour nos prochaines Rencontres.
Jean Jacques Lottin, Michel Balat, Philippe Chavaroche s’excusent de ne pouvoir être parmi nous cette année ainsi que Sophie Pantel notre Présidente du conseil de surveillance.
Nous avons également une pensée pour tous ceux, qui retenus par leur institution ne peuvent se joindre à nous.
Nous remercions le CHFT, le Directeur de notre établissement, le Conseil Départemental, le conseil Régional, la municipalité de Saint Alban, et toutes les personnes de l’institution qui nous ont donné un coup de main.
Et merci à tous, d’être là, aujourd’hui. Continuer la lecture de Discours d’ouverture St Alban 2016
Les 39 à Jazz in Marciac le 4 août 2016
Quelle Hospitalité pour la folie ? Collectif des 39
Avec La Ligue de l’Enseignement du Gers
Jeudi 4 août 2016 à 14h30.
Projection – Débat autour du film de Cécile Philippin
« Comment se loger, travailler, se soigner, s’épanouir, lorsque l’on vit en ville avec une souffrance psychique ? A l’écoute des témoignages singuliers d’une quinzaine de personnes soignées en psychiatrie, le film « Vivre en ville » dessine un état des lieux intime et concret du soin hors de l’hôpital et des enjeux du vivre ensemble. »
Le débat sera animé par Catherine Garlin, psychiatre, membre de l’association « Vivre en ville », Patrick Estrade, infirmier de secteur, membre des PsyCauses, et Paul Machto, psychiatre, du Collectif des 39 « Quelle hospitalité pour la folie ? ». Continuer la lecture de Les 39 à Jazz in Marciac le 4 août 2016
Intervention à la Criée 2016 : La loi Santé et les GHT
La loi Santé et les GHT visent à démanteler tout le dispositif sanitaire mis en place depuis la Libération tout ce qui subsiste de la politique de Secteur Serge KLOPP
Au travers de la mise en place de la loi Santé, nous assistons actuellement, dans l’ignorance générale, à la plus grave attaque contre le système de santé français depuis la création de la Sécurité Sociale.
Après la Libération, le programme du CNR avait pour objectif de faire passer l’hôpital public d’hôpital pour indigents à l’hôpital de qualité et de proximité pour tous que nous connaissons actuellement.
La loi santé vise à démanteler tout ce qui a été construit depuis.
Depuis 25 ans nous assistons certes à des restructurations visant à fermer un hôpital de proximité ici, une maternité là… Continuer la lecture de Intervention à la Criée 2016 : La loi Santé et les GHT
Rencontre des PsyCausent avec radio Colifata
Pas de Canada pschy’t pour les peintres Haïtiens ?
« L’objectivité scientifique m’était interdite, car l’aliéné, le névrosé, était mon frère, était ma sœur, était mon père » Franz Fanon
Imaginons un monde où règnerait un déni de la castration. Un monde régit par « ça n’existe pas ». Une société qui, par exemple, dirait : « le collectif, ça n’existe pas ». Cet univers est celui de la foule solitaire, celui de l’isolement à tous les étages. Ici tout est auto : autonomie, autoformation, autoévaluation, autorité, voire autoroute et autopsie. C’est là que le Canada Pschy’t pointe le bout de son nez. Dans les années 70, des publicitaires présentaient une boisson post-prohibition transférée dans de vieilles tractions. Le slogan scandait : « ça a la couleur de l’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool ». Au voulant pas d’Al Capone, il est mort depuis bien longtemps. L’époque n’est plus à la prohibition, quoi que, mais assurément au marketing qui se soutient de la théorie des pulsions. Merci tonton, ça marche (Bernays, 1928) cf note 1 ! Les ventes augmentent. Le public adhère. C’est drôle, ça a le goût de l’interdit et c’est sans risque, croit-on, puisque tout est secure, zéro défaut.
À grand renfort de Com’, même chez les Psy, un système Canada Pschy’t, c’est comme la traction de l’époque de la prohibition dans la publicité, ça à la saveur romanesque du parfum de l’interdit mais c’est plus moderne et plus ambitieux. C’est plus vaste qu’un quartier, ça prend tout un territoire. Exit, le lien intime au social et la relation de proximité dans la continuité. L’époque est à la mégapole. La ville s’éclipse. Les communautés de communes sont dans le vent et maintenant que l’alcool n’est plus prohibé, on peut boire du tonic à loisir aux quatre coins du monde. Continuer la lecture de Pas de Canada pschy’t pour les peintres Haïtiens ?
Rencontre: « Liberté de mouvement et pratiques de contention »
L’ARASM Croix Marine Languedoc Roussillon,
la Ligue des droits de l’homme
et le laboratoire d’idées Montpellier 2020
organisent une rencontre avec Madame Adeline HAZAN,
contrôleure générale des lieux de privation de liberté
le Vendredi 17 juin 2016 de 17 h à 20 h
salle PAGEZY (ancienne mairie au Polygone)
à MONTPELLIER
« Liberté de mouvement et pratiques de contention »
« Le degré de civilisation d’une société se mesure à la manière dont elle traite ses fous et ses marginaux » Lucien Bonnafé.
La question de la contention se pose de façon aiguë en psychiatrie : des atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes hospitalisées dans un établissement rhodanien ont été ainsi constatées et dénoncées en mars dernier par la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté. Leur encadrement juridique reste flou puisque les pratiques de contention peuvent échapper aux divers contrôles d’experts régionaux ou nationaux comme l’a révélé cette enquête.
Ce glissement vers la contention physique des personnes n’est pas l’apanage de la seule psychiatrie. Nombre de professionnels ou d’usagers le constatent dans les établissements sociaux ou médico-sociaux, dans les EPADH notamment.
Au-delà même de ces seuls cercles, de nombreux citoyens s’inquiètent des dérives de l’ensemble de nos sociétés où, au nom de la sécurité et de la transparence, les procédures de contrôle des vies privées et de surveillance des déplacements se multiplient souvent avec l’assentiment passif, voire actif, de la population. Les réactions aux conséquences des déclarations de l’état d’urgence en France suite aux attentats de 2015 en constituent un exemple récent.
Dans la rencontre que nous organisons nous proposons d’échanger et de réfléchir à ces questions avec Adeline HAZAN, contrôleure générale des lieux de privation de liberté. Un psychiatre et un juriste nous aideront à éclairer ce débat.
Programme : Continuer la lecture de Rencontre: « Liberté de mouvement et pratiques de contention »
Lettre ouverte à Madame Marisol Touraine et Madame Ségolène Neuville
N’hésitez pas à reprendre cette lettre en partie ou en totalité pour l’adresser à:
Madame Marisol Touraine
Adresse twitter @MarisolTouraine
Adresse postale : Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, 14 Avenue Duquesne, 75007 Paris
Madame Ségolène Neuville
Adresse twitter @s_neuville
Sur le site : http://www.segoleneneuville.fr/
Paris, 27 mai 2016
Lettre ouverte à
Madame Marisol Touraine,
Ministre des Affaires sociales et de la Santé
Madame Ségolène Neuville,
Secrétaire d’Etat aux Personnes Handicapées
Mesdames les Ministres,
C’est avec consternation et colère que nous avons pris connaissance de la circulaire du 22 avril 2016 « relative aux orientations de l’exercice 2016 pour la campagne budgétaire des établissements et services médico-sociaux accueillant des personnes handicapées et des personnes âgées ». Cette circulaire, que vous avez conjointement signée, porte interdiction à tout service ou établissement accueillant des personnes handicapées de recourir à la technique dite « du packing », sauf à voir compromis son financement par l’Etat.
Nous nous élevons fermement contre cette interdiction. Une telle décision constitue une dérive grave dans la mesure où prescrire comment soigner ou traiter telle ou telle pathologie dépasse outrageusement le cadre de ce qui peut entrer dans un texte de financement. Depuis quand un législateur ou un administrateur, un gestionnaire ou un technocrate aurait-il compétence pour décider comment soigner un enfant ou un adulte ? Continuer la lecture de Lettre ouverte à Madame Marisol Touraine et Madame Ségolène Neuville
31 mai 2016 Tous contre les GHT
LOI TRAVAIL LOI SANTE: même combat!
Tous contre les GHT (Groupements hospitaliers de territoires)
Mardi 31 mai 2016 à 11h devant le
Ministère de la santé
COMMUNIQUE
Suite à l’appel de Ville Evrard, réunis à la bourse du travail le 18 mai 2016, des délégations de différentes régions, des collectifs, des associations déclarent :
Au premier juillet 2016, la loi Touraine de « modernisation » de la Santé, impose la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) qui sont la première étape de la fusion des structures sanitaires et médico-sociales publiques, de la fermeture des services et des hôpitaux afin de réduire les coûts et d’imposer une nouvelle cure d’hosterité. Les agences régionales de santé (ARS), sommés par le Ministère de la Santé, poussent à mettre en place cette réforme sans que le bénéfice pour les citoyen.ne.s existent. Cette restructuration qui a pour objet « la fluidification du parcours de soin » sur des « territoires » se fait contre les soins et l’accompagnement, contre les citoyen.ne.s et les professionnel.les. Continuer la lecture de 31 mai 2016 Tous contre les GHT
Lettre à Madame Ségolène Neuville
Docteur François CLAUS
À
Madame Ségolène NEUVILLE
Secrétaire d’Etat
Chargée des Personnes Handicapées
14 avenue Duquesne
75007 PARIS
Montpellier, le 23 mai 2016
Madame,
Pédopsychiatre de Service Public depuis 35 ans, je me permets de retenir votre attention quelques minutes pour vous soumettre quelques réflexions.
Le débat autour de l’autisme m’inquiète depuis très longtemps. Ces derniers temps, il m’effraie par son sectarisme, son approche univoque et son refus du débat apaisé.
L’émission à laquelle vous avez participé sur France 2 en est une illustration : un débat où l’on invite que des personnes défendant une même idéologie sans aucun contradicteur sur une chaîne de service public qui devrait avoir un souci de pluralisme. Continuer la lecture de Lettre à Madame Ségolène Neuville
On ne soigne plus un sujet, on attaque un symptôme
Je voudrais souligner la dimension de maltraitance de l’Etat, vis à vis de l’enfant et de ses parents, des adultes et de la société en général.
En effet, il convient de ne pas tomber dans l’erreur de se centrer sur l’enfant, mais de souligner la dimension collective et historique, de l’enfant et de sa famille car ce sont les liens entre eux, et avec le restant de la famille , que nous soignons , et non l’enfant cible , symptôme , tel que le véhicule l’idéologie actuelle .
C’est la question idéologique qui est au centre du débat actuel, à savoir la reconnaissance de la vie psychique.
Il convient d’expliquer au Sénat , qu’auparavant , et même si ce n’était pas parfait , il existait une politique du soin psychique adressée aux enfants et à leurs parents , au travers d’une organisation , le Secteur , qui s’articulait avec la Maternité , la PMI , puis autour de la médecine scolaire et des Rased à l’ecole . Ces personnes étaient en contact avec le service de Pédo Psychiatrie ou le CMPP et se réunissaient régulièrement en commission de circonscription pré-élémentaire une fois par mois. Il existait donc un système de prévention et de diagnostic, qui a disparu quand on a fait disparaître la Pédo Psychiatrie de l’instance organisatrice de la politique de soin. Continuer la lecture de On ne soigne plus un sujet, on attaque un symptôme
« Alternatives en Santé : je résiste et je soigne ! »
La reconnaissance de la santé en tant que bien commun a fondé la revendication de sa prise en charge par les institutions publiques dans les pays démocratiques.
Dans un tel contexte, des expériences de soins humanistes ont vu le jour et, notamment en France dans le cadre des soins de psychiatrie de Secteur.
Depuis plusieurs années maintenant, on assiste, atterrés, au processus inverse : le pouvoir néolibéral international est déterminé à privatiser les institutions de santé, à transformer définitivement la santé en bien de consommation négociable sur le marché, en marchandise parmi les autres marchandises. Cette logique politique veut installer la concurrence entre les soignants mais aussi entre les patients à travers la mise en place de mesures relatives à la dotation financière des structures, à la rémunération et au remboursement des soins. Continuer la lecture de « Alternatives en Santé : je résiste et je soigne ! »
Psychiatrie Infanto-juvénile en danger
Psychiatrie Infanto-juvénile en danger
Depuis plusieurs années, la psychiatrie publique constate que les représentants de son ministère de tutelle disqualifient de manière plus ou moins explicite ses professionnels arguant de références scientifiques qui seraient refusées ou ignorées dans leurs pratiques dans le domaine de l’autisme.
Cette attitude connaît son apogée avec la consigne de Mme Neuville, Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, pour que les agences régionales de santé (ARS) procèdent à l’inspection des hôpitaux de jour accueillant des enfants avec diagnostic d’autisme. Cette inspection, qui néglige les visites planifiées de certification des hôpitaux menées par la HAS, doit être improvisée par les ARS pour vérifier l’application de simples recommandations consensuelles à valeur faible sur le plan scientifique de bonnes pratiques. Continuer la lecture de Psychiatrie Infanto-juvénile en danger
Appel de 111 parents de personnes autistes au Président de la République Française
Appel de 111 parents de personnes autistes au Président de la République Française
Monsieur le Président,
Vous allez intervenir prochainement sur la politique en faveur des personnes handicapées dans notre pays. Les 111 parents de personnes autistes signataires de cet appel voudraient, à cette occasion, attirer votre attention sur le vivre ensemble, mis à mal depuis des années dans le monde de l’autisme par des lobbies qui entretiennent une véritable guerre de religion à l’encontre des parents et des professionnels qui ne partagent pas leurs certitudes infondées.
En l’état actuel des connaissances aucune imagerie médicale ou aucune analyse biologique ne permet de poser le diagnostic d’autisme. Les causes des différentes formes d’autismes demeurent, à ce jour, largement inconnues malgré toutes les recherches menées dans le monde entier. Du côté des accompagnements de ces personnes, la HAS (la Haute Autorité de Santé) a reconnu qu’aucune étude scientifique n’avait permis de valider une approche particulière. Continuer la lecture de Appel de 111 parents de personnes autistes au Président de la République Française
Retrait immédiat de la circulaire du 22 avril 2016 interdisant la pratique du packing
Suppression de la circulaire interdisant le packing
mercredi 11 mai 2016,
Cette pétition est très importante et nécessite l’aide de tous.
Merci beaucoup
Voici le texte de la pétition : ICI
Nous demandons le retrait immédiat de la circulaire du 22 avril 2016 interdisant la pratique du packing dans les établissements médico-sociaux.
Cliquer ici pour la signer : ICI
Les violences policières du 29 avril place de la République, vidéo de Mariana Otéro
Vidéo de Mariana Otero , réalisatrice, auteure de « À ciel ouvert »
Vendredi soir nous étions Aurélien Lévêque et moi même en train de filmer le travail de réflexion démocratique sur la Place comme nous le faisons souvent (collectif LYM) quand nous avons appris que les CRS empêchaient de faire entrer le camion logistique. Une action s’est mise en place pour aller le chercher.
Nous avons filmé l’action et la violence policière.
Nous avons promis de monter cela rapidement pour Nuit Debout et les commissions logistiques et autres.
L’AUSTERITE NUIT GRAVEMENT A LA SANTE !!
Ou comment les processus des politiques néo libérales sont universels, et produisent les mêmes effets sur la santé publique dans tous les pays.
(Intervention au dispensaire d’Halandri , 19 Mars 2016)
Une des premières mesure des gouvernements néo libéraux est de réduire les dépenses publiques ; une des premières conséquences est la réduction – ou suppression – des allocations chômages, des cotisations sociales des entreprises (là où elles existent) au nom de la « compétitivité «, des retraites et donc de précariser la protection sociale pour ceux qui en bénéficient.
En matière de santé, le choc de l’austérité est brutal : déremboursement des médicaments, des consultations médicales, majoration du « reste à charge » (ce qui reste à payer par le patient, qui n’est pas pris en charge par la sécurité sociale) pour les hospitalisations et les soins médicaux.
Des prestations para médicales (kiné, orthophonie ) ne sont parfois plus du tout pris en charge , et certaines spécialités « couteuses » sont de plus en plus mal remboursées (dentiste, ophtalmologie ).
Les structures de santé sont aussi directement impactées par les politiques néo libérales, car des hôpitaux ou maternités de proximité ferment aussi, pour cause de « non rentabilité ». Continuer la lecture de L’AUSTERITE NUIT GRAVEMENT A LA SANTE !!
En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre
En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre
Les révélations de Madame Adeline Hazan, Contrôleure Générale des Lieux de privation de liberté, à propos des entraves inouïes et systématisées aux libertés élémentaires découvertes à l’hôpital psychiatrique de Bourg en Bresse, provoqueront-elles, sans faire de mauvais jeu de mots, un électrochoc salvateur ?
« Nous n’avions jamais vu cela, détaille Adeline Hazan. Des pratiques centralisées, honteuses, et choquantes».(…)« Sidérée que l’Agence régionale de santé, que la Haute Autorité de santé, que les différentes commissions départementales, toutes ces structures, venues ces dernières années, voire pour certaines ces dernières semaines, n’aient pas observé ce que notre mission a vu. Et qu’elles n’aient, en tout cas, pas réagi. Cela me laisse sans voix», a t elle ajouté.
En clair, ce n’est pas un acte isolé mais, aux dires de la contrôleure, une dérive systématique, organisée. Ainsi, pour chaque patient, se tenait un cadre de soins intégrant les interdits, le tout formalisé au cas par cas par un document standardisé intitulé «prescription de restriction de liberté d’aller et venir». Interdiction de sortir, de fumer (ou alors une demi-heure par jour), interdiction de communiquer aussi. Le tout avec «un recours à l’isolement et à la contention utilisé dans des proportions jamais observées jusqu’alors et non conforme aux règles communément appliquées ».[1]
Aussi les connivences, les compromissions de l’ensemble des personnels sont insupportables et nous font honte, tant elles jettent l’opprobre sur toute une profession.
En tant que psychiatre, en tant que soignant, on ne peut se sentir que salis !
« Porter atteinte à un homme, c’est atteindre toute l’humanité ! ». Continuer la lecture de En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre
GHT PSYCHIATRIE EN DANGER
GHT PSYCHIATRIE EN DANGER
Le Groupement Hospitalier de Territoire pour la psychiatrie
Quel non-sens ! Le secteur psychiatrique en danger
Le GHT condamne le secteur psychiatrique à une mort certaine. Je ne peux m’y résigner. Il sera englouti, avalé par cette grosse machine hospitalière annulant ainsi tout une période humaniste de la psychiatrie. Rien ne s’est fait sans lutte. Le secteur mis en place dans les années 60-70 est l’œuvre de tout une communauté de soignants militant pour une prise en charge globale du patient, dans un souci de lien entre l’hôpital et la cité. Ainsi un patient qui décompense est hospitalisé puis à sa sortie est suivi au CMP, avec la possibilité d’un accompagnement thérapeutique à l’hôpital de jour, au CATTP voire une mise en place de visites à domicile.
Ce continuum thérapeutique, véritable étayage soutient l’être souffrant en lui offrant des réponses à tout moment de sa vie. Il évite les hospitalisations trop longues, prévient des rechutes, l’enkystement des symptômes, la déshérence…
Le secteur permet de créer une enveloppe contenante entre le dedans et le dehors. C’est un repère, un appui. La circulation entre les différentes unités détermine un espace dans lequel le patient peut exprimer sa souffrance qu’elle soit passagère, réactionnelle ou chronique comme pour la psychose. Continuer la lecture de GHT PSYCHIATRIE EN DANGER
Appel à manifester le 9 avril 2016 pour une psychiatrie à visage humain !
Appel à manifester le 9 avril pour une psychiatrie à visage humain !
Nous sommes quelques jeunes soignants en psychiatrie, désirant porter haut et fort notre mécontentement en ce qui concerne les GHT, la disparition du secteur, la dégradation des moyens pour accueillir et soigner, les pratiques de contentions et la restriction à une conception neuro-biologique de la pathologie psychique et sa sur-médicalisation majoritaire en psychiatrie.
Nous partageons le constat d’une dérive néo-libérale qui engendre de façon insidieuse, mais massive, la destruction du service public, éloignant du soin les personnes les plus fragiles et participant à un processus toujours plus marqué de leur précarisation, de leur exclusion et de leur enferment.
Les GHT instaurés par la nouvelle loi de santé, énormes machines bureaucratiques, engloutissant la psychiatrie de secteur dans l’hôpital général et les CHU, annulent définitivement la spécificité de la psychiatrie, comme cela a été le cas pour les formations des infirmier-ère-s et des médecins. Continuer la lecture de Appel à manifester le 9 avril 2016 pour une psychiatrie à visage humain !
Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention
TRIBUNE Publié dans le journal Libé.fr
le — 31 mars 2016 à 17:39
Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention
Les abus constatés récemment par Adeline Hazan, la Contrôleuse générale des lieux de privation de libertés, à l’hôpital psychiatrique de Bourg-en-Bresse, traduit une destruction générale, lente et progressive des soins en psychiatrie en France, au nom de l’efficacité économique et de la rigueur budgétaire.
Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention
«Nous n’avions jamais vu cela», déclare la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Madame Adeline Hazan, dénonçant : «Des pratiques centralisées, honteuses, et choquantes.» En France, en 2016, dans un hôpital psychiatrique ordinaire de l’Ain, des patients sont enfermés, sanglés, dépourvus de tout espace de liberté, abandonnés, maltraités. «Je suis sidérée que l’Agence régionale de santé, que la Haute Autorité de santé, que les différentes commissions départementales, toutes ces structures qui sont venues ces dernières années, voire pour certaines ces dernières semaines, n’aient pas observé ce que notre mission a vu. Et qu’elles n’aient en tout cas pas réagi. Cela me laisse sans voix.»
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Psychiatrie, l’enfer derrière les portes
Les médecins de cet hôpital et les universitaires qui les ont formés, les directeurs de cet hôpital et l’ARS, les experts de l’HAS (Haute Autorité de santé) et le directeur de l’HAS portent une lourde responsabilité dans l’assujettissement massif et systématique des patients de cet hôpital par le corps soignant. Comment a-t-on pu transformer un lieu de soins en lieu de détention voire de tortures, comment les responsables médicaux et administratifs de cet hôpital continuent-ils de minimiser cette enquête ? Hélas, la banalisation d’actes inacceptables, la soumission ou l’indifférence envahissent petit à petit un grand nombre d’équipes de soins. Continuer la lecture de Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention
Communiqué de presse de la Fnapsy
Paris, le 24 mars 2016
Communiqué de presse
La Fnapsy remercie la Contrôleur Générale des Lieux de Privation de Liberté pour son action concernant le Centre Hospitalier Psychothérapique de l’Ain à Bourgen- Bresse. La Fnapsy avait alerté, il y a quelques années, sur les dysfonctionnements au sein de cette institution. Elle va suivre avec attention la suite donnée et le travail qui sera fait pour le respect des patients hospitalisés. La Fnapsy se félicite du démarrage au sein de la HAS d’une réflexion sur la contention en psychiatrie et espère que ces pratiques d’un autre âge n’auront plus cours.
Claude Finkelstein Présidente
Le Collectif des 39 soutient le mouvement de mobilisation à l’EPS de Ville Evrard
Le Collectif des 39 soutient le mouvement de mobilisation à l’EPS de Ville Evrard contre son intégration forcée dans un GHT.
Les GHT[1] ont pour seul objectif de restructurer l’ensemble des hôpitaux pour dégager les milliards d’économie devant financer le « Pacte de responsabilité ».
Dans ce mouvement les moyens (humains et budgétaires) de la psychiatrie vont dans un premier temps être redéployés vers la MCO.
C’est à terme la remise en cause d’une psychiatrie de Secteur fondée sur les principes de proximité et de continuité des soins.
Il s’agit de passer d’une clinique visant à soigner un sujet en souffrance au traitement de troubles et à la normalisation des comportements et des populations.
Certes, aujourd’hui la manière dont fonctionne le Secteur et dont sont soignés les patients ne nous satisfait pas. C’est pourquoi nous appelons à refonder la psychiatrie de secteur en replaçant le sujet au cœur du soin.
Cela suppose des moyens budgétaires et humains (en nombre et en compétences relationnelles psychothérapiques) accrus, particulièrement à Ville Evrard dont la dotation par habitant est nettement inférieure à la moyenne régionale
Cela suppose de rétablir une formation spécifique pour tous les soignants (psychiatres, infirmiers, psychologues,…) permettant d’appréhender le fait psychopathologique et la complexité des prises en charges.
Le Collectif des 39 s’engage à tout mettre en œuvre pour relayer votre action et mobiliser les professionnels, les patients, les familles, les citoyens pour la défense et la refondation d’une psychiatrie humaniste.
[1] Concernant notre analyse des GHT, voir le communiqué ICI
Des nouvelles du côté de Bourg en Bresse !
Des nouvelles du côté de Bourg en Bresse !
La Contrôleure Générale des Lieux de Privation de Liberté, Madame Adeline Hazan, ancienne maire de Reims, a rendu public le rapport qu’elle avait adressé à la Ministre de la Santé en février. Comme l’écrit le journal « La Croix » dans son édition du 16 mars 2016, il s’agit « d’un rapport sidérant. Le récit de violences ordinaires, presque banalisées contre des personnes atteintes de pathologies psychiatriques ». Ces faits ont été constatés au centre psychothérapique (sic !!!) de l’Ain. Un établissement de 412 lits implanté en périphérie de Bourg-en-Bresse.
Outre les « très graves » entraves à la « Liberté de circulation » – si chère à Jean Oury dans la perspective d’une dimension thérapeutique dans un cadre institutionnel -, les mises en pyjama systématiques, les contrôleurs ont constaté une banalisation des mises en chambres d’isolement et des contentions. Continuer la lecture de Des nouvelles du côté de Bourg en Bresse !
COMMUNIQUE DES 39 SUR LA MISE EN PLACE DES GHT
NON A LA LIQUIDATION DE LA PSYCHIATRIE DE SECTEUR !
Le Collectif des 39 a pris connaissance des nouvelles dispositions de la loi de Santé votée le 17 Décembre 2015 et en particulier de l’article 69 précisant la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire. Cet article 69 non spécifique de la psychiatrie, vient pulvériser les illusions que le ministère avait pu semer pour faire croire qu’il préserverait la politique de secteur. Il va de fait restructurer sous prétexte de modernisation l’ensemble du tissu hospitalier (psychiatrie et MCO) dans un but évident de coupes budgétaires drastiques.
Nous rappelons que notre Collectif soutient le projet d’une psychiatrie fondée sur des valeurs d’hospitalité pour la folie. Nous avons tenu avec les CEMEA dans cette intention des Assises de la psychiatrie et du médicosocial en 2013, et nous avons participé à toutes les discussions initiées par le député Denys Robiliard chargé de mission pour la psychiatrie par Marisol Touraine. Nous avions lors d’un meeting réunissant 600 personnes le 1° Novembre 2014 à Montreuil, rappelé que le projet de loi était très loin des attentes exprimées lors des Assises par les professionnels, les patients et les familles. Nous aurions souhaité une loi-cadre en psychiatrie rappelant les spécificités de ce champ qui ne saurait se réduire à une approche biologique, mais suppose une ouverture vers les sciences sociales, la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle. Et plus généralement toute approche qui permette de penser et de prendre soin de la complexité de la vie psychique. Continuer la lecture de COMMUNIQUE DES 39 SUR LA MISE EN PLACE DES GHT
LÉROS, 25 ANS APRÈS
De l’enfermement psychiatrique dépassé vers un univers concentrationnaire nouveau pour réfugiés et immigrés
Le samedi 13 février 2016 s’est tenue à Athènes une journée d’échanges sur la base de l’argument suivant: « 25 années se sont écoulées depuis l’initiative de transformation radicale et de désinsitutionnalisation de l’hôpital psychiatrique de Léros, un lieu inscrit dans la mémoire historique collective comme incarnation visible d’une barbarie inhérente à la psychiatrie dominante qui continue, en synergie diachronique avec des politiques étatiques qui lui correspondent, après même la condamnation sans appel de l’expérience de Léros, de fonctionner comme mécanisme de contrôle social, de forclusion de la subjectivité, de violation des droits et d’asservissement des personnes avec « problèmes de santé mentale ». Continuer la lecture de LÉROS, 25 ANS APRÈS
Soutien à Kamel Daoud
Soutien à Kamel Daoud.
Patrick Chemla,
le 24 février 2016
Cher Kamel Daoud,
Au nom de la liste de diffusion que j’anime pour l’association la Criée à Reims (animant des échanges sur psychanalyse, psychiatrie et politique) je voudrais vous assurer de toute notre sympathie, mais aussi de notre colère à l’égard de la campagne de calomnies que vous subissez actuellement. Il y a de la bêtise et de l’inconscience grave chez ceux qui vous taxent d’islamophobie sous prétexte que vous avez essayé de penser la complexité de ce phénomène d’une extrême gravité qui s’est produit à Cologne et ailleurs. J’avais déjà diffusé ainsi que d’autres collègues psychanalystes, votre article que nous trouvions courageux : « s’attaquer » aux enjeux du féminin dans la « culture islamique » actuelle ; tenter de penser le choc psychique qui est en train de se produire brutalement pour des hommes qui fuient des zones de guerre et de massacre ; rien que la tentative en était risquée tant nous campons sur une poudrière. Continuer la lecture de Soutien à Kamel Daoud
Appel du Groupe Enfance du collectif des 39: Alerte : Enfance en danger
L’accueil de la souffrance psychique des enfants est-il encore possible ?
Nous sommes inquiets et en colère.
Et vous, soignants, éducateurs, parents, acteurs du champ de l’enfance et de l’adolescence ?
Vous qui êtes nombreux à porter une culture, des idées, des expériences respectueuses de la complexité humaine et de la subjectivité de chacun
- N’avez-vous pas constaté les répercussions navrantes des réductions de dépenses publiques relatives aux soins, à l’accueil et à l’éducation des enfants et des adolescents ?
- N’avez-vous pas constaté comment cet appauvrissement de moyens au nom de la recherche d’une certaine efficacité s’est accompagné de la généralisation d’une gestion techno-bureaucratique qui impose ses normes quantitatives et ses protocoles standardisés au détriment d’approches plus sensibles et plus pertinentes ?
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XVèmes Rencontres de la C.R.I.E.E. – Le Collectif à venir
XVèmes Rencontres de la C.R.I.E.E.
Vendredi 10 et Samedi 11 Juin 2016 à Reims
Renseignements et inscriptions : Patrick CHEMLA et Gérard RODRIGUEZ Centre de Jour Antonin Artaud 40 rue Talleyrand – 51100 REIMS Tél : 03 26 40 01 23 – Fax : 03 26 77 93 14 g.rodriguez@epsm-marne.fr – http://lacriee51.blogspot.fr/